Le diable en personne

  • Titre : Le diable en personne
  • Année : 2017
  • Editeur : Gallmeister
  • Auteur : Peter Farris
  • Résumé : Georgie du sud, au milieu de nulle part. Maya est enfermée dans un coffre et roule vers une mort certaine. Prostitué par un caïd local depuis son plus jeune âge, elle a le malheur d’être devenu la favorite d’un homme influent ce qui fait d’elle un témoin à abattre. Léonard Moye vit seul reclus dans sa maison au beau milieu d’une nature hostile. Lorsqu’il perçoit l’arrivée d’une voiture inconnue, l’homme que l’on prend pour un fou, n’hésite pas une seconde et se saisit d’une arme afin d’aller à la rencontre des intrus qui se sont engagés sur ses terres sans autorisation.
  • Mon humble avis : En règle générale je suis assez friand des bouquins édités par Gallmeister. Spécialiste du nature writing, des polars américains et des grands espaces j’ai rarement été déçu par cet éditeur qui m’a permis de découvrir des auteurs tels que Graig Johnson, David Van ou James Crumley. C’est donc avec un plaisir certain que je m’attaquais à la lecture de ce court polar qu’on disait nerveux et addictif. Les premières pages me confortaient dans cette opinion : j’étais en territoire connu, Gallmeister nous aura encore gratifié d’un roman puissant et tout à fait dans le style que j’affectionne particulièrement. Farris est un auteur talentueux, à n’en point douter, l’ambiance qui règne dans ce diable en personne est pesante, lourde. Nous sommes ici dans une région rurale où l’on touche du doigt l’envers du rêve américain, la nature est hostile et les personnages de ce roman sont aussi frustres et sauvages que le décor qui les entoure. Le style de l’auteur est parfois lyrique lorsqu’il dépeint la nature mais toujours direct et brut lorsque la narration se rapproche de l’humain. Sur un sujet balisé et somme toute plutôt banal, Farris parvient à passionner son lecteur grâce à un talent certain pour installer une ambiance et dépeindre une galerie de personnages pervers, jusqu’au-boutistes et d’autres plus nuancés. Sans surprise le récit se déroule à un rythme soutenu, marqué par des scènes d’action plutôt réussies ( pas mes scènes préférées néanmoins ) et d’autres scènes plus intimistes où l’on apprend à connaître et à entrer en empathie avec les deux personnages principaux de ce polar sec et sans fioritures. Oui Farris va à l’essentiel : les cadavres s’accumulent et le sang coule à flot dans ces marécages de Georgie du sud et ce pour le plus grand plaisir du lecteur que je suis. Par certains aspects ce polar m’a rappelé un film formidable : White Lightin du génial Dominic Murphy sorti en 2008 et passé complètement inaperçu. Farris dépeint à merveille cette Amérique laissée pour compte, gangrénée par la violence, la pauvreté et la corruption. C’est à mon humble avis fort, rude et passionnant de bout en bout. Encore une belle réussite chez Gallmeister. 
  • J’achète ? : Oui sans aucune hésitation. Si comme moi tu es passionné par les polars authentiques, témoins d’une réalité sans concession tu ne pourras que dévorer ce court roman de Peter Farris.

12 commentaires

  1. Un roman à retenir qui me fait penser à différents auteurs pour sa noirceur et la bêtise crasse des habitants de la profonde Amérique, à savoir Tristan Egolf (le seigneur des porcheries) et Donald Ray Pollock (le diable tout le temps)…

    Aimé par 1 personne

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