Le cas Beigbeder

  • Titre : Le cas Beigbeder
  • Années : De 1990 à nos jours
  • Titres : L’amour dure trois ans, 99 francs, Un roman français, Windows of the world…
  • Editeur : Grasset
    • Mon humble avis : L’attitude et l’aura que dégage un écrivain sont-ils suffisants pour faire de lui un véritable auteur ? Est-ce que l’omniprésence médiatique fait d’un homme un véritable écrivain ? Les citations d’illustres romanciers et les références littéraires suffisent-elles pour faire d’un texte un véritable ouvrage ? Pas si sûr à la lecture des oeuvres de Frederic Beigbeder. J’ai commencé à lire Beigbeder à ses débuts avec les deux romans sympathiques que furent Mémoire d’un jeune homme dérangé et l’amour dure trois ans. Une lecture facile, pleine de références qui me permirent de découvrir des auteurs talentueux tels que Salinger, Boulgakov ou Bret Easton Ellis. Sur les textes en eux-mêmes pas grand chose à redire, une lecture facile, des personnages attachants et modernes, de l’humour, des bons sentiments et un peu de désespoir bon teint et c’est à peu près tout. La lecture de 99 francs, bien qu’un peu plus ‘consistante’ sur la forme et sur le fond m’apparut encore une fois plutôt sympathique bien qu’élitiste et très éloignée des préoccupations du commun des mortels. Le style Beigbeder naissait en même temps que la légende de ce dandy friand de vodka et de belles gonzesses. Si le personnage put paraître agréable et pas-si-léger-que-ça ( tel est le but ultime de la démarche du désespéré romantique ) j’avoue qu’une fois n’est pas coutume, je préférais largement l’adaptation cinématographique déjantée et créative de Jan Kounen au roman dont il fut tiré. Puis vint Windows of the world en 2003. Roman post 11 septembre 2001, livre puissant et émouvant où l’auteur cessait enfin de scruter son nombril pour nous livrer une oeuvre pleine et consistante dont les ultimes pages resteront, à mon avis, comme le sommet de ses écrits. Soyons clair, Beigbeder n’est pas Safran Foer ni Mc Inerney loin s’en faut, mais il prouvait avec cet opus qu’en s’éloignant du milieu chico-parisien et de sa propre personne, il pouvait proposer à ses nombreux lecteurs un roman attachant et abouti. S’ensuivirent deux romans ( L’égoiste romantique et au secours, pardon ) qui regroupaient à peu près tout ce que votre humble serviteur peut parfois reprocher à la littérature française : nombrilisme, boboïsme ( pas sûr que ce terme existe mais vous aurez compris la référence… ), émotion toc et désespoir de salon. Puis vint Un roman français…. Je préfère ne pas m’appesantir sur les raisons qui ont fait de ce roman un best-seller pour ne pas avoir à réitérer la litanie évoquée plus haut mais je me demande encore comment ce roman de souvenir plutôt mignon pût obtenir le Renaudot eu égard notamment à une scène risible où l’auteur dépeint comme une injustice flagrante et un traumatisme certain le fait d’avoir été encagé quelques heures pour cause de consommation de cocaïne sur la voie publique. Je pense sincèrement qu’il y a dans ce monde des injustices plus flagrantes et une nuit au poste ne fait malheureusement pas de Beigbeder un martyr crédible. J’avoue ne pas avoir encore lu le dernier roman de l’auteur natif de Neuilly sur seine consacré au couple Salinger mais je le ferais surement tant cet auteur provoque en moi des sentiments contradictoires. Aussi irritant qu’attachant la prose de Beigbeder recèle parfois des passages brillants sous des monceaux de poncifs et de références pompeuses. La seule condition étant que l’auteur parvienne à se détacher de sa personne et de son milieu; raconter des histoires n’est-ce pas la définition même d’un écrivain ? C’est en tout cas mon humble avis même s’il n’est pas partagé par beaucoup de lecteurs qui font de ses oeuvres auto-centrés des immenses succès de librairie. A très bientôt les amis….

37 commentaires

    1. j’ai du mal m’exprimer désolé. Ce que je voulais dire c’est plutôt conteur en fait. Quelqu’un qui raconte une histoire indépendante de sa propre vie, quelqu’un qui invente, qui imagine. Le contraire d’un témoignage en fait. merci Julien

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  1. Est-ce qu’un Beigbeder de Sarcelles aurait eu le même parcours ?
    Je ne le crois pas…

    Avoir la chance de nager dans ce milieu aisé lui a apporté des ouvertures de portes que d’autres, bien plus talentueux n’ont pas eu… Sa reconnaissance n’est vraiment méritée, à mon humble avis… D’avoir été un produit marketing, un bouffon de ces hautes sphères lui ont permis de décrocher nombre de places dans un milieu où les places sont rares et surtout, il était, est et restera certainement le paria de sa propre caste…

    Sans ses relations, le poids de son frère, d’avoir été finalement le raté de la fratrie de par ses frasques passées, il a réussi à choper une place au soleil même si j’en conviens, son étalage de confitures prouve qu’il connaît des choses… De là à l’affirmer et le confirmer en tant que grand auteur, seule la plèbe le décidera…

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      1. Oui, il l’est un peu dur ce billet d’humeur…

        Il ne faut pas y voir une once de jalousie. Je pense qu’il faut rester lucide sur son parcours. De mon côté, je l’ai suivi dans son émission sur le cinéma qu’il présentait à coup d’effets de manches… Il est un touche à tout et ton éclairage sur le texte sur les événements du onze septembre m’est resté en travers de la gorge… Pas tes propos mais le fait de reprendre à soi quelque chose dont il n’est pas, à mon sens, légitime d’en parler…

        J’aurais préféré un roman de Philippe Labro sur le sujet que je considère être le plus américanisé des auteurs français pour parler de ce genre de choses… Mais bon, le talent est du travail donc, je ne peux lui reprocher d’avoir bossé, c’est évident.

        Hélas, les touche à tout ont toujours cette faiblesse d’être suffisant selon moi et tu l’as très bien mentionné dans ton article : La seule condition étant que l’auteur parvienne à se détacher de sa personne et de son milieu; raconter des histoires n’est-ce pas la définition même d’un écrivain ?

        En est-il vraiment capable ?

        Même si l’on dit qu’un auteur écrit avec son âme, clé pour immerger le lecteur dans des histoires, j’ai plus eu l’impression que ses romans étaient des journaux intimes finalement où la création est nourrie que par les histoires de son passé… Pour moi, il ne possède pas le Truc et je lui souhaite de découvrir cette chose qui différencie les auteurs entre eux… Cette invitation aux voyages, comme le pensait De Musset par exemple…

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  2. Je suis coupable de ne pas l’avoir lu… et de le boycotter quand même ! Je ne savais pas du tout ce qu’il valait en tant qu’auteur à l’époque (je ne le connaissais même pas de nom…), mais je l’avais vu dans je ne sais plus quelle émission et je l’avais trouvé d’une arrogance qui m’avait énormément choquée de la part d’un écrivain. Je l’ai revu plus tard dans une vidéo sur Youtube et en ait tiré les mêmes conclusions… La personnalité d’un écrivain ne fait pas tout, bien sûr, mais sa prétention était aux antipodes de ce que je souhaite de la part d’un auteur. Peut-être faudrait-il quand même que j’essaye un jour…

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    1. j’avoue que malgré ma critique peu amène j’ai pour ma part une certaine tendresse pour le bonhomme et j’espère vraiment qu’un jour il nous sortira LE bouquin qu’il rêve sans doute d’écrire. Bon pour l’instant ce n’est pas le cas mais je garde espoir ! merci !

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  3. C’est un assez bon critique littéraire largement supérieur au romancier.
    Il a fait aussi la campagne présidentielle de Robert Hue il y a longtemps comme conseiller médiatique.
    Robert Hue ne s’en est jamais remis !

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  4. Beigbeder, je n’arrive pas à le juger, en bien ou en mal. Je déteste le personnage, mais l’auteur m’a souvent étonnée, parfois même fait réfléchir. C’est l’anti-héros par excellence, cynique et lucide sur qui il est. Nombriliste par nature, il soulève le voile sur le monde de « l’élite » comme on dit et on le sent osciller sans cesse entre dégoût et appartenance. Non, je ne peux ni l’aimer ni le détester, dans l’absolu….

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  5. J’avais lu « les mémoires d’un jeune homme dérangé » (qui vaut surtout par son titre) et « l’amour dure trois ans », et je m’étais arrêtée là, n’étant pas fascinée, et bien que ce soit plutôt pas désagréable à lire – mais pas indispensable non plus.

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  6. J’ai un livre de lui dans ma PAL, au secours pardon car le thème m’intéressait, mais j’ai peur de le lire et d’être déçue. Au début de ton article tu poses une très bonne question sur la surmédiation des artistes et j’ai eu une expérience très douloureuse avec ma première lecture de Houellebecq et Soumission. Auteur que je ne supporte pas.

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  7. On se souvient de son histoire vécue, qui fit les choux gras des médiask, quand il se fit arrêter un soir près des « Champs » parce qu’il se « faisait une ligne » sur le capot d’une voiture le soir à minuit…

    Parfois, il y a quelques mois, quand Patrick Cohen n’avait pas encoré cédé aux sirènes d’Europe 1, il tenait une petite chronique matinale (dur pour lui !) sur France Inter. J’ignore s’il a été aussi recruté dans une station de radio plus commerciale… 🙂

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