Souvenirs de lecture

  • Souvenirs de lecture
  • La vie d’un lecteur est ponctuée de multiples expériences : bonnes ou moins bonnes, marquantes ou non, des centaines voir milliers de lecture dont on se souvient avec délice, d’autres qui sont oubliées, des auteurs qu’on vénérait et qui nous paraisse illisible plusieurs décennies plus tard. C’est en rangeant ma bibliothèque que me vint l’idée de cette chronique, tant de lectures dont je ne garde aucun souvenir, d’autres dont je chéri la mémoire, des auteurs qui s’inscrivent dans mon panthéon personnel, des écrivains maudits, des auteurs de best-seller, des romanciers à la mode dont plus personne ne se souvient aujourd’hui…
  • Les livres, mais surtout les auteurs, ponctuent parfois une vie, un moment. Ils restent dans nos mémoires et peuvent être associés à un voyage, un instant. Qu’ils soient tristes ou au contraire heureux, ils forment une somme de jalons qui balisent une vie de passionné. J’aimerais, avec cette petite chronique, partager ces moments avec vous. En toute modestie, à la manière de Perec, voici les souvenirs de lecture de Francksbooks.
  • Je me souviens d’une couverture cartonné rouge, d’une collection de livres d’aventure en format poche pour enfant dont je n’arrive plus à retrouver le nom. J’avais 10 ans, me lançais dans chaque nouvelle lecture avec émerveillement et un plaisir à nul autre pareil.
  • Je me souviens de Hannah, cette jeune juive rescapée de l’holocauste qui bâti en empire. Paul-loup Sulitzer était villipendé, mis plus bas que terre pour tout ce qu’il symbolisait et moi je passais des après-midi entières à dévorer ses romans.
  • Je me souviens de la nuit des temps de Barjavel, d’une lecture enthousiasmante alors que je n’avais pas quinze ans. Bien plus tard je m’attaquais au grand secret que je trouvais simpliste et suranné.
  • Je me souviens de mort à crédit du controversé Louis Ferdinand Céline. Le sentiment de tenir dans mes mains l’oeuvre d’un pur génie. Des images à jamais gravées dans ma mémoire, un style, un ton unique et inoubliable.
  • Je me souviens d’un livre de James Joyce, Ulysse me semble-t-il. Le bouquiniste chez qui j’achetais mes livres me disait qu’il s’agissait là d’un pur chef-d’oeuvre. Je me souviens m’être accroché à ce roman jusqu’au bout. Je me souviens n’y avoir absolument rien compris.
  • Je me souviens d’un prof de français en terminale qui était fou de John Fante. Je me procurais le vin de la jeunesse et dévorais à la suite toute son oeuvre. Je me souviens plus particulièrement de Bandini, de mon chien stupide. Je me souviens de longues heures de lecture dans le train qui me menait à l’école. John Fante était alors mon meilleur ami.
  • Je me souviens de Zorba, le truculent héros de Nikos Katzantzakis. Je me souviens d’un voyage en grèce et de l’épitaphe gravé sur sa tombe : Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre.
  • Je me souviens de la collection de la pleïade. La beauté et la classe de ces bouquins me paraissait alors incommensurable. Je me souviens qu’il fallait économiser pour m’offrir ces volumes et qu’avant vingt ans j’étais le fier propriétaire des mémoires d’outre-tombe de chateaubriand, de guerre et paix de tolstoi, Les frères Karamazov de Dostoïevski,  Don Quichotte de Cervantes mais aussi les oeuvres romanesques d’Hemingway ou encore A la recherche du temps perdu de Marcel proust et le fabuleux David Copperfield de Charles Dickens. Je me souviens avoir dévoré ces chefs d’oeuvre beaucoup trop tôt, être passé à côté de Proust et Tolstoï…
  • Je me souviens,, bien plus tard, d’une piscine au bord du nil et d’une série de romans dont je ne pouvais me détacher. Je découvrais la trilogie Lloyd Hopkins du grand James Ellroy et j’en garde encore aujourd’hui un souvenir ébahi. Des années plus tard le prometteur Perfidia me tombait pourtant des mains et j’eus l’impression de lire l’oeuvre d’un pâle copiste du maître américain.
  • Je me souviens de Maurice G Dantec, d’un romans foutraque et passionnant dont je ne pouvais lever les yeux et qui failli me faire rater un avion pour l’île des pins. Il s’agissait des racines du mal.
  • Je me souviens des dernières pages d’un chef d’oeuvre d’invention et d’intelligence. Un roman rare et précieux d’un jeune surdoué nommé Jonathan Safran Foer. Je me souviens d’un enfant nommé Oskar, d’un livre inoubliable nommé Extrêmement fort et incroyablement près.
  • Je me souviens de la famille Malaussène, d’une fée carabine et du bonheur des ogres. Je me souviens d’une suite sortie récemment. Le charme était rompu et la lecture fastidieuse.
  • Je me souviens des cerfs volants de Kaboul de Khaled Hosseini. D’une lecture addictive, émouvante et inoubliable. Je me souviens l’avoir offert à tous mes amis pendant de nombreuses années.
  • Je me souviens du livre de joe de Jonathan Tropper, de fou rire et d’une émotion intense au moment de refermer ce roman. Je me souviens que tous les romans de Tropper sont des petits bijoux d’humour et d’humanisme.
  • Je me souviens d’une route déserte dans le Nevada. D’un motel miteux où je dévorais Le postier de Charles Bukowski.
  • Je me souviens de la découverte du grand Pat Conroy. On m’offrait Le prince des marées pour noël. Je gardais un vague souvenir de l’adaptation cinématographique, attaquais cette lecture avec scepticisme. J’en garde un souvenir ébloui, le sentiment de découvrir un auteur rare, d’une intelligence et d’une acuité prodigieuse.
  • Je me souviens de seul le silence de RJ Ellory. De longues heures passées sur un transat à dévorer le premier roman d’un auteur que je découvrais et que je n’allais pas lâcher.
  • Je me souviens de Los Angeles, de Mullholland Avenue et d’un hôtel prestigieux où je lisais Sur la route again de Guillaume Cherel. Le grand Guillaume sur les trousses de Jack Kerouac.
  • Je me souviens de tant d’autres auteurs : Tom Wolfe, Edward Bunker, John Irving, Cormac Mc Carthy pour ne citer qu’eux.
  • Je me souviens que cette chronique commence à être sacrément longue et qu’il est temps d’en finir…. A très bientôt les amis.

42 commentaires

  1. Je me souviens d’Arsène Lupin et Fantomas que je lisais lorsque j’étais en vacances dans le couvent de ma tante.
    Je me souviens de nouveau grâce à vous de Nikos Katzantzakis et son incription sur sa tombe « Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre. »
    Je me souviens de ma prof de Français qui a pris du temps pour m’expliquer Mme Bovary.
    Je me souviens de Zola qui racontait Germinal, Nana et Au bonheur des dames.
    Je me souviens d’Aldoux Huxley qui m’a fait tellement peur avec ses livres parlant d’un futur qui me semble si proche maintenant.
    Je me souviens des chansons de Dylan que je traduisais avec mon dico avant de les apprendre par coeur!
    Je me souviens de …..Mais, ils sont tellement nombreux!
    Merci pour cette très bonne idée de chronique… Suis persuadée que dès que j’aurais cliqué pour envoyer ce message….Souvenirs, souvenirs, vont m’occuper une bonne partie de la journée.

    Aimé par 1 personne

  2. C’est une excellente idée de faire ce type de chronique. Je me souviens aussi des livres de la collection « La Pleïade ». Ils me paraissaient inaccessibles (financièrement parlant) et je les regardais toujours dans les librairies avec des yeux d’enfant. Lorsque j’ai eu mon premier coffret, je sautais partout !
    Je n’ai jamais réussi à lire le « Ulysse » de Joyce. Je n’ai jamais rien compris non plus.

    Aimé par 1 personne

  3. Je sens que je vais vous copier ! c’est effectivement une très bonne idée de revenir sur les livres marquant de sa vie. Je penses que mes lectures sont moins « érudies » que les vôtres (bien que…) mais quel bonheur que d’y repenser…

    Aimé par 1 personne

  4. moi je me souviens de mon amie Flika de mes 12 ans, de Cent ans de solitude, de Kafka sur le rivage, du sublime au Nom de la Rose, du cimetière des livres oubliés, de tant et de tous ou presque, ils nourrissent ma vie, mes rêves et mes écrits, merci

    J'aime

  5. Ah bravo, excellente idée et belle chronique….
    Pour ma part, je n’en citerai qu’un ici, mon 1er vrai livre lu, à 5 ans début des années 70, « un cochon d’inde nommé Jean-Jacques », petit bouquin qui m’a fait entrer dans le monde de la lecture que je n’ai pas quitté depuis lors…..

    Aimé par 1 personne

  6. Merci pour vos souvenirs de lecture. Je savoure déjà le plaisir de lire vos chroniques et de découvrir d’autres livres et d’autres auteurs que ceux qui font déjà partie de mon monde de lectrice passionnée et passionnelle. Cependant, je suis peu influençable et rarement influencée mais parfois inspirée par les choix et les avis d’autres lecteurs-nés dont vous semblez bien faire partie. Je ne m’intéresse jamais aux propos et aux choix des personnes qu’Edith Wharton, dans son texte « Le vice de la lecture », nommait des lecteurs- mécaniques. Ce qui n’est pas un jugement mais une constatation, nous ne sommes pas tous des lecteurs-nés comme nous ne sommes pas tous musiciens. Merci encore de m’avoir permis de vous lire.

    Aimé par 1 personne

  7. aaah mon coeur fond… La nuit des temps de Barjavel fut le livre qui trompa mon ennui dans un camping quand j’avais 15 ans. Le plaisir magique de la lecture m’emporta pour ne plus me lâcher. Une révélation. Et pourtant j’avais pioché ce petit poche au hasard sur un tourniquet de tabac presse dans le seul but de me trouver une occupation. Les vacances en camping l’été peuvent être ennuyeuses, et oui. Depuis je lis,je lis, et me régale.
    Aaah mon coeur refond… le prince des marées ..est MON prince et Pat mon héros, je me souviens de l’avoir lu plusieurs fois avec la même délectation…je me souviens de bientôt recommencer…
    je me souviens, je me souviens…
    Quelle beau billet . Merci Franck

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à toi ! Et oui le prince des marées est un livre tellement merveilleux … je viens de recevoir Beach music du grand conroy Et j ai vraiment hâte de retrouver sa prose . On en parle prochainement ! Merci encore celvana. Franck

      J'aime

  8. Que de beaux souvenirs, je partage avec toi la plupart des auteurs que tu cites.
    Je m’autorise juste de rajouter Raymond Carver « les vitamines du bonheur », Hubert Jr. Selby « last exit to brooklyn » et Richard Bratigan « la pêche à la truite en amérique ».
    Trois auteurs que j’aime au point d’avoir lu toutes leurs oeuvres traduites.
    Une deuxième liste à venir ?

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s