Avenue des géants

  • Souvenir de lecture
  • Titre : Avenue des géants
  • Année : 2013
  • Auteur : Marc Dugain
  • Editeur : Gallimard
  • Résumé : Al Kenner ( de son vrai nom Ed Kemper ) est un adolescent de plus de deux mètres dont le QI dépasse celui d’Albert Einstein. Al Kenner est aussi l’un des plus effroyable tueur en série que la Californie est connue. Perdu, incapable d’empathie envers quiconque, traumatisé par une mère castratrice, Al assassine ses grands-parents à l’âge de 16 ans. Interné, il parvient pourtant à berner les services sociaux et s’échappe; s’engage alors une  odyssée sanglante où les corps de jeunes filles vont s’amonceler sur le chemin de celui qui  croupit encore aujourd’hui dans une prison californienne.
  • Mon humble avis: Dans ce roman traumatisant, Dugain plonge dans la psyché d’un tueur en série. Inspiré de l’histoire du terrible Edmund Kemper ( incarcéré à la prison d’état de Vacaville en Californie ) l’auteur natif du Sénégal se penche sur le cas d’un des plus fameux serial killer américain. Portrait d’un homme tourmenté mais aussi d’une Amérique traumatisée par la guerre du Vietnam, la lecture de ce roman fut pour moi une véritable découverte: oui certains auteurs Français pouvaient se hisser au niveau de leurs pairs angos-saxons pour nous livrer une oeuvre puissante, noire, ô combien marquante. Personnage abominable si l’en est, Al Kenner trace sa route, accumulant les cadavres, choisissant ses victimes avec soin ( surtout pas les hippies qu’il exècre ), et le lecteur suit ces pérégrinations au plus près jusqu’à la scène de tuerie finale, horrible, indescriptible. Si les romans de sérial killer sont aujourd’hui légion, Dugain se démarque dans ce texte par une recherche sans cesse renouvelée et approfondie des motivations de Kenner. Malsain peut-être, complaisant parfois, mais en tout cas d’une efficacité rare car l’on se prend même à ressentir de l’empathie pour ce personnage complexe diagnostiqué comme schizophrène paranoïde. Kenner est un monstre sans aucun doute possible mais les pages narrant son enfance traumatisante tendent à expliquer (voir justifier?) la fureur développée par cet homme. Si encore une fois la fascination pour ce type de personnage peut paraître malsaine autant qu’elle soit servie par un texte puissant, maîtrisé et addictif. C’est assurément le cas avec ce roman qu’il est impossible de lâcher tout en n’oubliant pas que Kemper fut un tueur sans pitié, responsable de plusieurs assassinats, de multiples décapitations et de viols post mortems. Il me semble important de le rappeler tant le roman de Dugain pousse à la proximité avec celui qu’on surnomma l’ogre de Santa-Cruz. C’est cru, fascinant, parfois cocasse (malgré le propos), mais c’est surtout brillamment écrit et une première pour moi qui ne connaissais pas cet auteur à l’époque. Une belle découverte assurément. Un auteur qui ne se limite pas à empiler les scènes de meurtres mais dépeint également une Amérique malade de sa violence, une Amérique des grands espaces parcourue à moto par son principal protagoniste. Avenue des géants est assurément un bon, un grand, un très grand roman.
  • J’achète ? : Si tu es un habitué de ces petites chroniques tu connais surement ma passion pour des auteurs tels que Shane Stevens, RJ Ellory ou Bret Easton Ellis. Je crois ne pas être le seul à raffoler de ce type de romans réalistes et sanglants ( heureusement sinon j’aurais quelques raisons de m’inquiéter non ?) Fascination bizarre ? certainement, mais si tu es fan de ce type de littérature tu te dois d’acquérir aussi ce roman complexe et troublant. Un roman à l’image de son personnage principal : Ed kemper, un nom que tu n’es pas prêt d’oublier tu peux me croire.

21 commentaires

    1. d’accord avec toi sur presque tout ( perso je mettrais de côté De Vigan…) mais heureusement que nous n’avons pas tous les mêmes gouts ! merci en tout cas d’avoir pris le temps de lire cette petite chronique. Franck

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  1. J’ai beaucoup entendu parler de ce roman et encore une fois le ressenti est très positif. Mais quand vais-je enfin céder le pas ? Pourtant, ce n’est pas le genre de lecture qui me repousse. L’excuse semblerait plutôt venir du fait qu’au départ ce soit une histoire vraie.

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  2. Rrraa…..excellente chronique…..qui donne diablement envie de relire Dugain, d’essayer de comprendre et de « s’horrifier » pages après pages du récit authentique de ce côté de l’humain,extrêmement dérangeant,la naissance et l’expression d’une personnalité gravement pervertie…….le style puissant de l’auteur est une nécessité pour plonger dans cet insupportable pathos…….merc

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  3. Je n’ai jamais lu cet auteur… Mais ce sera très probablement dans mes projets car je l’avais vu passer à La Grande Librairie, et à défaut de pouvoir avoir un aperçu de son écriture (difficile à la télé), il m’avait paru assez intelligent.

    Merci pour cette chronique qui me fait donc découvrir l’auteur sous un autre rapport et format que la télé 😉

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  4. Je l’ai écouté ce livre et la voix de l’acteur était tout aussi parfaite… c’était ma première expérience de livre audio et c’était une très belle expérience! Ce n’est pas le genre de livre que je lis d’habitude mais là j’ai trouvé ça très bon. Même si c’est troublant de se retrouver dans la peau d’un tueur et d’avoir un peu de compassion pour lui…

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