Disgrâce

  • Titre : Disgrâce
  • Année : 2002
  • Auteur : JM Coetzee
  • Editeur : Seuil
  • Résumé : David Lurie enseigne dans une grande université sud-africaine de Cap Town. Professeur réputé, homme respecté, David est un spécialiste de Byron et Wordsworth. Deux fois divorcé, adepte des prostituées et des rendez-vous à heures fixes, sa vie va pourtant basculer lorsqu’il séduira l’une de ses étudiantes, la jeune et belle Mélanie Isaacs. Accusé de harcèlement sexuel, démissionné de son poste, Lurie n’a d’autre choix que la fuite. Il rejoint sa fille Lucy dans une province reculée d’Afrique, aide aux tâches dans la petite exploitation agricole, jusqu’à ce qu’un évènement tragique vienne perturber la paisible retraite du professeur.
  • Mon humble avis : Ne jamais rester sur une mauvaise impression, tel devrait être la devise du lecteur. Persévérer, tenter de nouvelles expériences, se tromper, perdre du temps car derrière ces échecs la lumière peut parfois apparaître ( bon j’en fais surement des caisses mais j’étais parti sur ma lancée alors assumons bien qu’il ne s’agisse tout de même que de lectures et de choix d’auteurs ! ) Bref, Coetzee est un écrivain renommé dont j’ai lu un premier roman il y a quelques années maintenant : Une enfance de Jesus paru chez Seuil en 2013. Ce roman, mi-naïf mi-conte, devait certainement posséder une subtilité insaisissable pour moi, une profondeur qui m’a laissé de marbre mais pour le dire honnêtement je pense tout bonnement n’y avoir rien compris. Fort de cette expérience et à regret j’avais tiré un trait sur cet auteur sud-africain. Plusieurs années plus tard, au détour d’une interview télévisée (merci Youtube) le regretté Jean Rochefort parlait des romans marquants de sa vie de lecteur et, de sa voix si particulière, évoquait avec passion Coetzee et Disgrâce, un roman qui l’avait marqué à jamais. Evidemment introuvable sur ma petite île, je m’empressai de le commander sur le champ et bousculai mes prévisions de lecture pour m’attaquer à ce roman primé et respecté de par le monde. Comme dit l’adage « il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis » ! La lecture qui allait s’ensuivre me confirmera sans aucun doute que dans le domaine littéraire, il est préférable d’approfondir la lecture d’un auteur avant de tirer des conclusions trop hâtives. En effet ce roman est formidable. Formidable dans le ton, formidable dans les thèmes abordés, formidable dans la description d’un monde qui se meurt. Brillamment, par petites touches, Coetzee aborde la fin de l’apartheid, le monde nouveau et inconnu qui s’ouvre pour l’ancienne population régnante du pays arc-en-ciel. Il brasse ce thème (et tant d’autres) à travers le destin de cet homme vieillissant, libidineux qui peu à peu se libère de toute attache humaine. L’auteur natif du Cap dresse le portrait d’une société en mutation mais analyse également la culpabilité et le désir de vengeance de la population autochtone. C’est beau et puissant, d’une intelligence rare, servi par une écriture précise où chaque phrase fait sens, apportant sa pierre à un édifice en tout point brillant. C’est aussi plutôt froid je dois l’avouer, les motivations de Lurie et de sa fille m’ont parfois paru distanciées, intellectualisées à outrance mais n’oublions pas que nous avons affaire à un brillant universitaire, ceci expliquant certainement cela. Après cette lecture je comprends mieux le concert de louanges fait à l’auteur et l’attribution du prix Nobel 2003 ( bien que ce ne soit pas toujours un gage de qualité, voir Dylan en 2016… ) et si ce n’était ces réserves, mon humble avis serait que Coetzee n’est pas passé loin du livre parfait, une oeuvre courte, brillante, possédant plusieurs niveaux de lecture et brassant des thèmes aussi forts que la rédemption, le pardon et l’avenir de toute une nation. Formidable vous dis-je…
  • J’achète ? : Evidemment que oui et les jurés du Nobel se joignent à moi pour te conseiller ce roman ! Et si tu as lu Une enfance de Jesus et peut m’en donner une petite explication je suis preneur…

18 commentaires

  1. Je crois avoir découvert l’auteur avec ce titre ce qui l’a classé de suite dans mes favoris. Heureusement, je n’ai pas eu le temps de lire Une enfance de Jésus et je ne pourrai donc pas lire la suite qu vient de sortir, L’éducation de Jésus. Mais je suis très attirée par Une vie de province, reprise en un volume de ses récits autobiographiques qui est aussi paru début octobre chez Seuil. J’avais lu parmi les trois, L’été de la vie.

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  2. Merci pour cette lumière directe sur cet auteur qui ne me tentait presque pas avant. Ta suggestion me motive à l’aligner. Pour nous africains, la multiculturalité poussée de l’Afrique du Sud est une parfaite tropicalisation du modèle occidental pour lequel nous cassons trop en copiant cru. Par conséquent un auteur majeur de coin est un must. Je le lis, juste après « Le petit Chose » d’A. Daudet.

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  3. Bonjour,
    Abonnée à votre blog depuis quelques mois, je suis pour la première fois votre suggestion de lecture.
    Attirée par le « conseil » de Jean Rochefort, j’ai d’abord cherché l’interview. Délicieuse écoute.
    Ainsi ayant oublié mon livre pour une longue journée d’attente, je suis allée acheter ce roman, emballée par tant de bons commentaires.
    Cette lecture s’est révélée captivante, à la fois étonnante et évidente.
    Je vous adresse donc un grand merci, pour ces très bons moments d’écoute et de lecture.

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