Une putain d’histoire

  • Titre : Une putain d’histoire
  • Année : 2015
  • Auteur : Bernard Minier
  • Editeur : XO éditions
  • Résumé : Henry 17 ans mène une vie paisible sur l’île de Glass island au nord-ouest des états-unis. Lorsque le corps de sa petite amie Naomie est découvert par la police locale, tous les yeux se tournent vers cet adolescent au passé trouble. Soupçonné de meurtre, pris au piège dans une île seulement accessible par ferry, le jeune Henry va devoir chercher la vérité entre pègre locale, dénonciations calomnieuses et certains secrets de famille qui vont être révélés au grand jour.
  • Mon humble avis : Votre humble serviteur continue sa découverte des auteurs de polars francophones. Elevé au biberon des auteurs anglo-saxons tels que James Ellroy, Edward Bunker, RJ Ellory ou Tim Willocks, j’ai décidé il y a quelques mois de partir à la rencontre de quelques auteurs Français de romans policiers. Sans méthode précise, au feeling, j’alterne mes lectures habituelles par des auteurs de polars tels que Bussi,Loevenbruck, Tackian ou Bernard Minier pour l’ouvrage évoqué aujourd’hui. Pour être franc le polar est un genre qui me semble aujourd’hui presque à bout de souffle tant les personnages de flics au bout du rouleau me semblent tous interchangeables et les intrigues très souvent cousues de fil blanc ou peu crédibles. Très souvent l’originalité de ces ouvrages ne tient qu’aux décors évoqués mais aussi aux milieux dans lesquels ces polars prennent place; c’est peu, répétitif, mais c’est l’impression diffuse dégagée par la plupart de mes lectures de policiers de ces dernières années. Ceci étant dit et exclusivement valable pour ce genre précis (les lectures policières n’étant qu’un genre particulier au milieu d’un océan de merveilles littéraires) il me faut bien admettre que parfois je fais des découvertes enrichissantes. C’est le cas avec ce texte de Minier dont le savoir-faire et l’efficacité forcent l’admiration. Une putain d’histoire est un pavé de plus de 500 pages. Les chapitres sont courts et l’histoire centrée autour d’Henry le personnage principal. Les protagonistes de ce roman sont finement campés, la construction du roman extrêmement brillante et les rebondissements incessants. Efficace vous dis-je… Le dénouement est à la hauteur des attentes suscitées ce qui est très rare dans ce type d’ouvrage et le lecteur est tenue en haleine par une intrigue qui ne cesse d’évoluer jusqu’à ce final mené de mains de maître. Bravo Mr Minier, bravo pour les thèmes évoquées (big brother vous surveille), bravo pour le savoir-faire (encore une fois) et surtout bravo pour cette écriture simple et directe qui plonge le lecteur au coeur d’une intrigue pas toujours très réaliste mais pourtant très divertissante. Restant dans le cadre du roman policier Minier se permet néanmoins une incartade hors des sentiers battus, ici pas de flics brisés par un passé douloureux, pas de descentes de police dans les caves d’une cité quelconque, pas de braquages à l’arme lourde bref une incartade plutôt rafraichissante. Une putain d’histoire remplit parfaitement son rôle et l’on se prend à rêver que Minier (à la manière de RJ Ellory avec seul le silence) ait un jour l’ambition de casser les codes du polar pour nous offrir une oeuvre encore moins formatée et marquée du sceau de la liberté. C’est tout le mal que je puisse souhaiter à cet auteur : nous pondre bientôt un putain de bouquin.
  • J’achète ? : Oui bien sûr, une putain d’histoire est un thriller haut de gamme, un roman qu’il est quasi-impossible de lâcher. Bref une sacré réussite et un bel hommage aux auteurs anglo-saxons.

23 commentaires

  1. Merci de nous en parler ! Je l’ai déjà dit, ma mère est en train de le lire et je me demandais s’il était bien. (le problème des non-lecteurs, c’est que tu peux attendre des mois… voire plus pour poser ta main sur le dit bouquin)

    Il est donc efficace, ma mère confirme 🙂

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  2. J’aime beaucoup cet auteur que j’ai eu le plaisir de rencontrer mais je dois avouer que je n’ai ni aimé « Une putain d’histoire » ni le dernier « Nuit ». « Une putain d’histoire » est outrancière ment vulgaire et trop alambiqué à mon goût.

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  3. Je ne peux dès lors que vous recommander vivement la tétralogie « Martin Servaz » de Bernard Minier, que je trouve encore bien meilleure que « Une putain d’histoire »: « Glacé », « Le Cercle », « N’éteins pas la lumière » et « Nuit » (à lire dans l’ordre sous peine d’en savoir trop…). Bonnes lectures et merci pour votre avis !

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  4. L’analyse est assez vraisemblable sur la généralité trop mâchée des polars avec des « personnages de flics au bout du rouleau me semblent tous interchangeables et les intrigues très souvent cousues de fil blanc ou peu crédibles « . Cela nous laisse alors toute la latitude voulue pour savourer toute l’originalité de Bernard Minier. Comme quoi, le polar peut encore prospérer.

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