Underground Railroad

  • Titre : Undergroud Railroad
  • Auteur : Colson Whitehead
  • Année : 2017
  • Editeur : Albin Michel
  • Résumé : Cora est esclave dans une plantation de coton de Georgie. Au coeur d’une Amérique coupée en deux (au nord les états abolitionnistes, au sud les états esclavagistes) la jeune fille décide de suivre Caesar qui lui propose de s’évader. Au péril de sa vie, traquée par Ridgeway l’impitoyable chasseur d’esclave, Cora va vivre une odyssée sanglante et emprunter le fameux Underground Railroad pour tenter de gagner sa liberté.
  • Mon humble avis : Critiques dithyrambiques, best-seller international et surtout prix Pulitzer ce roman de Colson Whitehead s’annonçait sous les meilleurs auspices. Il suffit de jeter un coup d’oeil aux romans précédemment récompensés par le jury de l’université de Columbia pour pour se rendre compte à quel point leur goût est sûr et avisé : 2014 le génial Chardonneret de Donna Tartt, 2007 la route chef d’oeuvre de Cormac McCarthy ou encore d’illustres auteurs élus tels que Philip Roth, Toni Morrison ou Richard Russo. Bref du grand, du très grand et j’espérais que Colson Whitehead s’inscrirait dans cette fabuleuse lignée. A mon plus grand regret ce ne fut pas vraiment le cas et je vais essayer de vous expliquer pourquoi à travers cette petite chronique. Si Underground Railroad est à n’en pas douter un excellent roman traitant d’un sujet fort et passionnant, le traitement choisi par l’auteur, la distance qu’il impose à son lecteur par rapport à son personnage principal ne m’aura jamais vraiment permis de rentrer dans ce texte. A vouloir éviter le pathos à tout prix Whitehead impose une lecture distanciée que beaucoup trouveront brillante mais qui m’a personnellement gâché le plaisir de lecture. L’histoire de cet Underground Railroad est édifiante, Cora une héroïne complexe au destin hors du commun et pourtant j’avoue avoir éprouvé un certain soulagement en arrivant au bout de ces 400 pages. La raison ? Le peu d’attachement ressenti à l’égard des personnages de ce roman, le manque d’émotion, la distance de l’écriture. Whitehead a du penser que le message historique et politique de l’oeuvre suffirait à faire de cet Underground Railroad un objet littéraire inoubliable et ce fut le cas pour beaucoup mais pas pour votre serviteur. Certes ce prix Pulitzer recèle de véritables pépites d’écriture, de scènes fortes et inspirées. Certes la description de cette société Américaine pré-guerre de sécession est fouillée, précise, provoquant chez le lecteur dégoût et consternation mais cela n’en fait pas un roman inoubliable. Un bon roman c’est certain mais pas un grand roman, à mon humble avis.
  • J’achète ? : Je vais surement vous surprendre tant l’accueil pour cet Underground Railroad fut unanime, mais je réitère : trop peu d’émotion malgré des passages édifiants, trop peu d’empathie pour Cora malgré son destin funeste; des chapitres qui n’en finissent pas et de l’ennui malgré une écriture onirique pleine de charme ( surtout lorsqu’il s’agit du fameux train clandestin qui est décrit magnifiquement par l’auteur en dépit de toute réalité historique ). Un avis mitigé donc, forcément.

20 commentaires

  1. A chaque passage en librairie ou en bibliothèque j’hésite puis quelque chose me retient. Probablement mon désamour grandissant pour la littérature américaine. Ceci dit, le Prix Pulitzer n’est plus ce qu’il était. En tout cas plus une référence pour moi.
    Bonne continuation.

    Aimé par 1 personne

  2. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous, encore que la différence que vous faites entre un bon roman et un grand roman me semble un peu tirée par les cheveux 😉 Je trouve que sur le sujet, je n’avais jamais lu quelque chose d’aussi intéressant. J’aime beaucoup ce que vous appelez la distance. En effet, ce n’est pas l’émotion le ressort du livre, mais la tension, l’intranquilité, la paranoïa, la société américaine et ses distorsions. Cela donne de la place aux personnages secondaires qui payent souvent de leur vie leur engagement pour sauver les esclaves, Cora n’étant qu’un élément d’une immense machine. Vu ce qu’elle a vécu, elle ne peut se permettre les sentiments et c’est justement dans cette déshumanisation que réside la puissance du livre. Le personnage du chasseur d’esclave est aussi très intéressant. J’adore la fin (que je ne dévoile pas, si certains ici veulent le lire) qui nous dit que mêmes quand nos rêves sont fondés sur du faux, ils peuvent nous transcender et nous pousser à l’impossible. Pour moi c’est un très bon roman et c’est déjà très bien 😉

    Aimé par 1 personne

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