Des hommes de peu de foi

  • Titre : Des hommes de peu de foi
  • Auteur : Nickolas Butler
  • Année : 2016
  • Editeur : Autrement
  • Résumé : 1962 camp Chippewa dans le nord du Wisconsin. Le jeune Nelson est un enfant inadapté, harcelé par ses camarades scouts et raillé pour son manque de courage et son peu d’estime de lui-même. Trente ans plus tard le même Nelson est devenu chef du camp, sa silhouette s’est épaissie et la guerre du Vietnam reste une plaie ouverte dans sa mémoire.
  • Mon humble avis : Première lecture d’un livre de Nickolas Butler, auteur apprécié et estimé dont la réputation à aujourd’hui largement dépassé les frontières de son Wisconsin d’adoption. Butler est un écrivain qui nous parle d’histoires simples, de femmes et d’hommes se débattant dans une société où le bien et le mal sont intimement mêlés. L’auteur américain est un maître dans la description d’une nature paisible et rassurante (est-ce du nature writing?) mais aussi dans la dissection quasi chirurgicale qu’il fait de ses personnages. Des hommes de peu de foi est un roman qui couvre deux génération d’hommes dont les idéaux vont se heurter à la guerre mais aussi à leurs propres démons et l’évolution du caractère de Nelson est maîtrisé à la perfection par l’auteur. Vous l’aurez deviné j’ai beaucoup aimé ce roman qui traite de thèmes aussi larges que la filiation, le divorce, la probité, la transmission, l’honneur et la déchéance. C’est excellemment bien traité, l’écriture est simple et élégante et le message d’une simplicité et d’une humanité presque désarmante. Avec ce roman Butler réussit une prouesse : faire de tous ses personnages principaux des êtres attachants et presque vivants, le lecteur est dans cette oeuvre happé par le quotidien des deux héros dont le destin est intimement lié et passionnant. Evidemment le style n’est pas flamboyant et d’aucun le trouveront plat et sans artifices mais à l’image d’autres auteurs américains tels que Richard Russo ou Richard Ford, le fond l’emporte sur la forme et la qualité de narration est telle que l’on revient au texte avec un immense plaisir. A travers cette oeuvre l’auteur nous conte aussi l’Amérique, celle des hommes du peuple et des idéaux perdus, celle qui rêve à un monde meilleur, se targue d’humanisme mais se heurte à une réalité cruelle, celle qui prône des valeurs de virilité et d’entraide mais se drape d’individualisme. Superbe vous dis-je…
  • J’achète ? : Sans parler de ce grand roman américain dont on nous rabâche les oreilles depuis des décennies, des hommes de peu de foi est un roman mené de main de maître, conscient et terriblement attachant.

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