American desperado

  • Titre : American Desperado
  • Auteurs : Jon roberts et Evan Wright
  • Editeur : 13 E note éditions
  • Année : 2015
  • Résumé : American Desperado est l’autobiographie de Jon Roberts, rédigée avec la collaboration d’Evan Wright, romancier et grand reporter. Jon a 7 ans lorsqu’il assiste à son premier assassinat. Son père, homme de main de la famille Gambino, tire dans la tête d’un automobiliste refusant de lui laisser le passage…Plus tard le jeune homme suivra la voie de son paternel jusqu’à son enrôlement forcé dans l’armée américaine où sa sauvagerie et son manque de considération pour la vie humaine feront des merveilles. Jon est un monstre et un psychopathe, sur son chemin les cadavres s’accumulent, son intelligence et ses méthodes expéditives vont bientôt faire de lui l’un des plus grands trafiquants de drogue américains et le principal passeur de stupéfiant de Pablo Escobar.
  • Mon humble avis : La fascination exercée par les mauvais garçons est un phénomène universel et partagé par beaucoup. Au cinéma ou en littérature les histoires de meurtres, les destins funestes de voyous, les épopées sur le grand banditisme sont légions et rencontrent des succès retentissants. Le petit écran ne déroge pas à la règle, les séries tels que Narcos, Breaking Bad ou Peaky Blinders monopolisent l’attention et je ne serai pas étonné qu’un jour prochain l’existence de Jon Roberts soit portée à l’écran. Car il faut bien l’avouer, la vie de ce gangster est hors-norme et même si certains passages sont à la limite du supportable (Au Vietnam Jon fut spécialisé dans la torture et l’écorchement vif de ses ennemis, plus tard son garde du corps, d’un naturel distrait, oubliait fréquemment des cadavres dans son coffre) il faut bien avouer que son détachement, son attirance assumée pour le mal en font un personnage pour le moins particulier (je n’ose pas écrire passionnant…). Dans American Desperado point de grandes phrases ni de recherche stylistique, nous sommes ici dans le brut, dans l’hémoglobine, dans le sexe cru, dans les règlements de compte sanglants, dans la baston à coups de battes de Base-Ball, dans le meurtre le plus sordide. Certains seront écoeurés d’autres adoreront, je fais partie de cette deuxième catégorie et j’ai dévoré les 700 pages de ce pavé en un week-end. Si Roberts est un tueur et un homme terrifiant que dire des personnages qui ont évolué à ses côtés ? Tous plus barrés les uns que les autres, obsessifs, malades mentaux, l’auteur dresse une série de personnages hauts en couleurs, des hommes et des femmes infréquentables, obsédés par le crime et l’argent. Dans ce microcosme point de salut, les protagonistes (dont beaucoup de célébrités) apparaissent, disparaissent, se font trucider au rythme des déplacement de Jon. Mythomane avéré ? Psychopathe ? Génie du crime ? Tout est vrai chez Jon Roberts, tout est excessif, tout est à la marge, tout est plus fou, tout est plus fort. Bienvenue en enfer, l’enfer de la solitude, du meurtre, l’enfer d’un homme sans remords, sans aucune empathie ni pitié. Si American Desperado est un bouquin glaçant, il s’agit également d’un témoignage extrêmement précis sur les agissements de la mafia et les méthodes des contrebandiers. Affilié au cartel de Medellin (Ochoa, Escobar pour les connaisseurs) Roberts qui bénéficia même de l’appui de l’Etat américain quand il s’agissait d’alimenter les contras nicaraguayens en armes de guerre (encore une histoire de dingue) sera l’un des pivots du trafic de drogue aux USA. Tour à tour homme de main, mafieux, tenancier de clubs à New-York, trafiquant de drogue, la vie de cet homme fut folle, sauvage et toute entière dédiée au crime. Non dénuée d’un humour grinçant et noir, cette oeuvre est pour le moins marquante et  à l’image de son auteur : cruelle et déjantée. Comme le répète à l’envie Roberts, ce livre est la preuve implacable que parfois le crime paie. Immoral et irritant vous dis-je.
  • J’achète ? : Si tu es fan de la série Narcos, si tu considères que le cinéma de Scorcese est immense, si tu vénères Mario Puzo et son parrain et si tu as le coeur bien accroché alors ce livre t’es destiné. Un livre monumental dans son genre.

20 commentaires

  1. Merci une nouvelle fois, c’est tentant… Il y a décidément vraiment de la « bonne nourriture » dans la littérature nord-américaine qui vous prend et vous tient aux tripes ! Continue à nous faire partager tes découvertes !

    Aimé par 1 personne

  2. Lu à sa sortie chez la regrettée 13ème Note.
    Excellente plongée dans cette histoire vraie (et probablement tres exagérée quant à la nature bonnarde du protagoniste) pleine de démesure, de trahisons et d’ingéniosité au service d’un traffic d’envergure.
    Il y a d’ailleurs un reportage sur YouTube avec Jon Roberts et son pilote, bien foutu 🙂
    Bien joué Franck pour cette chronique !

    Aimé par 1 personne

    1. Je vais regarder le reportage et oui j’ai aussi pensé qu’il y avait certainement une part de mythomanie dans son témoignage mais ça n enlevé pas grand chose à la puissance du texte Merci Thierry

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