Les chiens de Détroit

  • Titre : Les chiens de Détroit
  • Auteur : Jérôme Loubry
  • Année : 2017
  • Editeur : Calmann Levy
  • Résumé : 1993, Détroit est une ville morte, des quartiers entiers sont abandonnés par leurs habitants, livrés aux squatteurs et la nature reprend ses droits dans une agglomération qui fut jadis l’un des fleurons de l’économie américaine. Dans l’un de ses quartiers quelques années plus tard un homme est assis sur son canapé, sa maison est cernée, il attend l’intervention des forces de l’ordre. Cet homme est-il le géant de brume ? A-t-il un lien avec les disparitions d’enfants qui hantent la cité depuis une décennie ?
  • Mon humble avis : Pour des raisons personnelles la ville de Détroit est chère à mon coeur, c’est une ville que je connais bien, une ville blessée qui peu à peu renait de ses cendres. Je ne connais pas d’autre exemple dans le monde d’agglomération exsangue, de quartiers entiers où les herbes folles s’infiltrent dans les intérieurs, où d’immenses bâtisses s’affaissent sous le poids de la tristesse, de l’abandon. De ce champ de ruine se dégage une poésie indéfinissable, une poésie que Jérôme Loubry a su saisir au détour de quelques phrases, de quelques descriptions. Premier bon point pour ce polar poisseux, efficace et sans fioritures car oui Les chiens de Détroit est un bon roman et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. Si l’auteur ne s’affranchit pas des règles d’usage dans ce type de littérature : flics hantés par les échecs de leur passé, pluie incessante, atmosphère glauque, il le fait avec talent et même si le propos n’est pas original, le rythme et la construction de son texte en font un objet tout à fait addictif. Pour ce premier roman l’auteur ne s’embarrasse pas de descriptions à rallonge, seule la psychologie de ses deux protagonistes et l’intrigue l’intéressent, les chapitres sont courts, efficaces et tendus à l’extrême. En plus de cette tension Loubry nous livre ici une histoire nimbée de légende urbaine passionnante et un final inattendu, n’est-ce pas ce que l’on demande à ce type d’ouvrage ? C’est ce qu’on appelle une réussite et avec ses chiens de détroit Jérôme Loubry rentre dans la famille des excellents auteurs de polars français par la grande porte. Décidément un auteur à suivre.
  • J’achète ? : Sans hésitation, un bouquin que tu auras beaucoup de mal à lâcher j’en suis sûr. Un grand plaisir de lecture et une fin qui laisse à penser qu’une suite est envisageable. Est-ce le cas Mr Loubry ?

15 commentaires

  1. Noté…Mais quand on est un admirateur de Richard Price, Dennis Lehane, Kent Anderson etc…, c’est toujours avec circonspection qu’on aborde d’autres auteurs… Les français sont souvent tellement fadasses à côté ! J’espère que ce n’est pas un pastiche de « Les chiens de la nuit » de Kent Anderson (se passe là à Portland), livre puissant que tu dois connaître…

    Aimé par 1 personne

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