Encore désolé, mais non, je n’ai pas aimé…

Ces dernières semaines ont été prolifiques. Elles ont fait de moi un lecteur heureux grâce à la découverte de pépites telles que Dans les angles morts d’Elisabeth Brundage, Le poids du monde de David Joy ou encore Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie. D’autres auteurs comme John Steinbeck, Pat Conroy et Sebastian Barry m’ont confirmé à quel point la littérature peut être immense quand elle est servie par de grands auteurs. Et puis au milieu de ces véritables trésors, se glissent des textes que j’ai raté, des textes qui m’ont laissé de marbre, des textes dont je n’ai pas saisi l’essence et l’interêt. Evidemment par compassion, par respect pour le travail immense que représente l’écriture d’un roman et parce que j’imagine le mal que cela pourrait faire à un jeune auteur, je passerais donc sous silence tous les romans envoyés par des auteurs débutants que je n’ai pas aimé. Voici donc la chronique des bouquins qui me sont tombés des mains, ceux dont j’ai peine à me souvenir, la chronique de mes déceptions.

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  • Centre de Philippe Sollers chez Gallimard : Un auteur reconnu, considéré comme beaucoup comme l’un des fleurons de la littérature française. Je n’avais jamais lu Sollers avant ce roman et je ne suis pas sûr de renouveler l’expérience. Monsieur à une maîtresse psychanaliste, monsieur devise donc autour de Freud et Lacan, il fait de longues digressions sur divers sujets dont l’actualité sans avoir un avis pertinent. Bref, peut-être n’y ai-je rien compris mais en tout cas je m’y suis ennuyé comme jamais. Un grand moment de solitude.

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  • 7/13 de Jacques Saussey chez Toucan noir : On m’avait parlé de grands polars, d’un auteur reconnu, de personnages marquants. Je n’y ai vu que grosses ficelles et savoir-faire, intrigue superficielle et oubli immédiat. Une grande déception.bm_CVT_Herzog_9568
  • Herzog de Saul Bellow : Un universitaire est abandonné par sa femme. Il se retire  dans la campagne et décide d’écrire des lettres aux gens qui ont marqué sa vie, à sa famille, à des personnages illustres, aux membres du gouvernement. Je nourris quelques regrets en écrivant ces quelques mots, celui d’avoir dû abandonné ce texte , mais la marche était trop haute, le texte trop ardu pour moi. Reprendre cette lecture était une épreuve, je me suis accroché en pure perte. KO par abandon à la page 296.
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  • Tout sur mon frère de Karine Tuil : J’avais adoré son insouciance, un texte brillant, une acuité rare, une écriture fine. Je ne garde aucun souvenir marquant de Tout sur mon frère hormis quelques jolies pages et l’impression de ne pas retrouver les qualités évoquées ci-dessus.
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  • Nous trois de Jean Echenoz : Je n’avais lu que du bien de cet auteur et me délectais de découvrir l’un de ses romans. Au final, malgré un style brillant et des tournures de phrases élégantes, il ne me restera que le souvenir d’un roman abscons et de personnages aux motivations troubles. Passé à côté encore une fois mais je renouvellerais l’expérience, ne serait-ce que pour l’écriture.
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  • Le soleil des rebelles de Luca Di Fulvio : Si comme moi vous gardez un souvenir ébloui du gang des rêves, vous ne pouviez aucunement passer à côté de ce nouvel opus de l’auteur italien. Et pourtant… Pourtant, malgré de manifestes qualités, ce soleil des rebelles n’arrive pas à la cheville de son illustre prédécesseur. Entre Game of Throne et un roman de Fantasy, mais en moins bien.
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  • Les douze enfants de Paris de Tim Willocks : Ceux qui ont lu la religion de Willocks savent de quoi je parle : un roman dantesque, érudit, un rythme haletant et des personnages inoubliables pour un texte rare. Quelques années plus tard, Mattias Tanhauser reprend du service la nuit de la saint Barthélémy et tout va de travers. Les aventures palpitantes du chevalier de la croix de Malte ne sont plus que violence gratuite et décapitation. Un terminator du XVI eme siècle voir pire, un sous Predator historique.

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  • Pornarina de Raphaël Eymery : Sincèrement quelqu’un pourrait-il me dire de quoi il en retourne ? Près de 200 pages dans un brouillard complet. Rarement livre m’aura paru aussi hermétique et je suis bien incapable d’en dire quoi que ce soit.
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  • Tropique du cancer de Henry Miller : J’en attendais tellement ! Un auteur sulfureux, un texte mythique encensé par nombres d’auteurs que j’admire. Et puis la lecture: laborieuse, ennuyeuse, l’impression de devoir revenir au début de chaque chapitre pour y trouver un fil, une idée directrice. Et puis un peu de honte à l’idée d’être passé complètement à côté d’un grand texte.
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  • Lord Jim de Joseph Conrad : Le titre et le nom de l’auteur inspirent des aventures mythiques. J’en rêvais depuis longtemps, je me réjouissais à l’avance de cette lecture et puis… Un peu comme le Miller, une incompréhension totale, un frisson un peu honteux puis un regain d’intérêt sur quelques pages et finalement le piteux abandon.   Conrad 6 Francksbooks 0 . Une tolle.

 

Voilà. J’avais préparé une pile de titres bien plus importante que ceux évoqués dans cette petite chronique, mais le coeur n’y est plus. Il est tellement plus facile et plaisant de parler des romans aimés que des textes que l’on a peu apprécié. Vivement de nouveau Fante, vivement de vrais coups de coeur, vivement le prochain bouquin dont j’aurais hâte de reprendre la lecture. Et puis je tiens à rappeler que cette chronique n’est que le modeste avis d’un lecteur passionné, je ne prétends en aucun cas détenir la vérité, surtout lorsqu’il s’agit de bouquins. Evidemment.

La déception ne vient jamais des autres, elle n’est que le reflet de nos erreurs de jugement.

23 commentaires

  1. Bonjour Franck
    Je n’ai lu aucun des livres mentionnés, si ce n’est Lord Jim. Joseph Conrad a éveillé en moi l’amour pour les écrivains voyageurs comme Pierre Loti ou Bruce Chatwin.
    Merci en tous cas pour tes chroniques toujours bienveillantes!

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  2. Frank,

    Bon à savoir. Je confirme pour le Willocks. Pas évident de venir après « La Religion » avec ce personnage de Tannhauser et l’intérêt historique certain. Sinon, je n’ai lu que le « Lord Jim » de Conrad. Pas de grand souvenir si ce n’est un vague rappel de »Martin Eden » de Jack London sans l’égaler.

    Merci pour tes commentaires. Bon week-end. Cordialement

    >

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  3. J’aime bien lire des critiques sincères comme les tiennes. On sait quoi laisser de côté. Mais moi, j’ai du mal à me souvenir des livres que je n’ai pas aimés, à part un Yasmina Khadra et ses non-sens, contresens, adjectifs par milliers.. et certains romans thrillers encensés qui ne me laissent aucun souvenir une fois lus…

    Aimé par 1 personne

  4. Oh bah c’est pas grave que tu aies pas aimé ce livre (dit la fille qui culpabilise tout le temps), ça permet parfois d’avoir un avis plus nuancé sur tel livre, de pas en attendre trop d’un bouquin qu’on aimera peut-être quand même malgré tout. Et puis ça permet aussi parfois de se sentir moins seul ! (j’attends toujours une chronique nuancée ou négative sur « Guerre et Paix » de Tolstoï, aha)

    J’ai bien aimé lire ton article, c’était intéressant 🙂

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  5. Salut, Comme j’aime à le dire, mais peut-être n’est-ce pas de moi, la lecture, c’est une rencontre entre un lecteur et un livre. Parfois ça marche, parfois non. Dans ta liste, je n’ai pas tout lu. Mais j’ai beaucoup aimé 7/13 de Jacques Saussey et j’ai adoré les tropiques d’Henry Miller, un auteur que je devrais relire aujourd’hui, 30 après l’avoir découvert. Amitiés

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  6. Merci pour ces commentaires. De même, je n’écris pas sur les livres que je n’ai pas aimés. Je suis d’accord pour 2 titres de cette liste. Peu importe lesquels, pas la peine de leur faire de la pub.
    Personnellement, je sais à quel point c’est difficile d’écrire et donc sauf cas avéré ou très particulier, je préfère éviter de parler d’un livre que je ne trouve pas à mon goût plutôt que de lui faire une presse négative. Et c’est aussi une question de respect de l’auteur, surtout s’il est vivant. S’il est décédé, les conséquences d’un mauvais post ne changeront rien à sa situation. Alors… !
    Par ailleurs, chaque lecteur ayant ses propres sensibilités, il est évident que cela ne peut pas coïncider forcément avec celles de l’auteur.
    Continue Franck, je lis avec attention toutes tes analyses même si je ne réponds pas.
    Merci

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