Toute la lumière que nous ne pouvons voir

  • Titre : Toute la lumière que nous ne pouvons voir
  • Auteur ; Anthony Doerr
  • Année : 2015
  • Editeur ; Albin Michel
  • Résumé : St Malo, 1945. La ville est pilonnée par les bombes. Werner, orphelin et génie des transmissions électromagnétiques, tente de repérer les émissions clandestines et ainsi, briser la résistance qui subsiste dans les ruines de la ville. De son côté, Marie-Laure la jeune française, survit dans l’un des seul immeuble encore épargné par la guerre. Aveugle, elle attend le retour de son père désespérément. Ces deux destins sont liés. Des prémisses du conflit jusqu’à la libération, les deux adolescents vont traverser le conflit et tenter de survivre à la folie des hommes.
  • Mon humble avis : Je ne pouvais entamer cette chronique sans vous donner quelques avis glanés ça et là au sujet de ce roman d’Anthony Doerr. Commençons par la presse écrite : sublime et captivant selon le San Francisco Chronicle, Magnifique, émouvant et prodigieux selon The Seattle time. Ambitieux, magnifique et majestueux d’après The Los Angeles Times. Je vous épargnerais les critiques dithyrambiques de l’express ou des échos pour ne pas faire trop long, mais ajoutez à cela des blogueurs unanimes et cela vous donnera une idée de la façon dont j’appréhendais la lecture de ce pavé américain. J’allais oublié le Pulitzer…Il était donc plus qu’improbable d’être déçu par la fresque de Doerr. A ma grande surprise ce fut pourtant le cas, et je vais tenter de vous en expliquer les raisons. D’abord la construction du texte, des chapitres courts, un rythme censé être percutant mais qui se révèlent rapidement irritant tant le lecteur a l’impression de passer du coq à l’âne. Deux histoires distinctes, celle de la jeune française aveugle et celle de ce jeune orphelin enrôlé dans la Wehrmacht. L’une est répétitive et ennuyeuse, l’autre est plus aboutie mais le déséquilibre est criant et cela pèse sur la lecture malgré les efforts de l’auteur pour tenter artificiellement de nous intéresser au destin de Marie-Laure – l’histoire du diamant notamment, pour ceux qui l’ont lu – Ensuite le style : des métaphores hasardeuses, des comparaisons qui tombent à plat, des phrases alambiquées et surtout des personnages creux, auxquels j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher. Clairement, les critiques de Babelio et autres sites spécialisés me donnent tort, je suis peut-être passé à côté d’un grand roman, peut-être n’ai-je pas compris la dimension ‘lumière’ en opposition aux ‘ténèbres’ du conflit, etc,etc. En tout cas je m’y suis ennuyé comme rarement et j’oubliais cette histoire au moment même où je finis les dernières phrases de cet ouvrage. Une grande déception donc, à se demander si les jurés du Pulitzer 2015 étaient bien les mêmes qui ont accordé leur prix prestigieux à Donna Tartt, Cormac Mac Carthy, Richard Russo ou Philipp Meyer lors de ces quinze dernières années.
  • J’achète ? : Franchement non, mais encore une fois ce n’est que mon humble avis. Quitte à lire un Pulitzer je te recommanderais le magnifique fils de P.Meyer, le brillant déclin de l’empire Whiting de Russo ou l’inoubliable route de Mac Carthy.

30 commentaires

  1. Voilà un commentaire intéressant… Les raisons pour lesquelles l’ouvrage ne t’a pas séduit sont tout à fait pertinentes, même si elles ne font pas l’impasse sur un ressenti personnel. Et finalement, comme je l’ai écrit un jour, heureusement que l’unanimité ne règne pas sur la planète « livres ». Que ce serait triste, et injuste aussi! Le domaine de la culture tend déjà suffisamment à s’assujettir à une certaine uniformité… Tant que les commentaires sont constructifs, ils ont le droit d’être. Maintenant, je m’interroge: est-ce qu’il serait envisageable que les critiques se donnent le mot – et cela, même inconsciemment ? Est-ce que les qualités du roman qu’ils prônent correspondent à un style, à des vertus littéraires recherchées à l’heure actuelle? Le débat reste ouvert…

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  2. Je ne connais pas ce titre, ni même jamais entendu parler. Mais une chose est sûre, je ne le lirai pas. Pourquoi ? Rien à voir avec ton ressenti personnel, non. Je ne le lirai pas car déjà les héros orphelin et aveugle sont déjà trop typés. Et j’ai bien peur de tomber dans le mélo guimauve qui devient aventure exceptionnelle du fait des handicaps annoncés. Bien sûr que je peux me tromper, mais par là j’essaie de te faire voir à quoi tient parfois le bonheur ou pas de lecture chez chacun. Et tant mieux si l’unanimité n’est pas de rigueur !

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  3. C’est un livre magnifique où l’on voit comment se forge un destin, le jeune garçon doué qui saisit l’opportunité de travailler dans un domaine qu’il aime et qui est doué en passant par l’école nazie. Une jeune aveugle que son père a préparée à l’autonomie car elle peut se diriger se diriger dans les lieux du voisinage sa

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  4. ns difficulté car il lui a appris son environnement sur une maquette. Et ces deux jeunes gens se rencontrent brièvement, deux innocences dans période terrible.
    Un merveilleux livre d’une grande tendresse qui contraste avec la période d’histoire. A ne pas manquer. Merci de l’avoir mis en lumière.

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  5. Je n’avais déjà pas l’intention de le lire, car contrairement à toi, j’avais lu quelques avis mitigés, exprimés par des blogueurs avec lesquels j’ai des affinités (littéraires !)… Même si ma déception n’a pas été aussi forte que la tienne, je n’ai pas non plus été spécialement emballée par Underground Railroad, autre Pulitzer.. Je note Le fils et Le déclin de l’empire Whiting (La route, je l’ai lu, et je n’ai pas du tout accroché, je m’étais trouvée un peu comme toi avec ce titre, une des rares notes discordantes parmi un emballement quasi unanime !!)

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    1. Moi non plus je n’ai pas été très emballé par underground railroad , par contre le russo et surtout le meyer sont immenses . Pour la route , j’avoue que pour moi c’est l’un des plus beaux bouquins de ces dernières années. Les goûts et les couleurs …

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  6. Cette fois-ci, nous ne serons pas du même avis, et ce n’est pas plus mal. J’ai lu ce livre il y a déjà quelques années. C’était mon seul livre pour tout le voyage. Malheureusement, il m’a tellement plu que je l’ai presque tout lu sur le vol Montréal-Paris. Et je l’ai relu sur le vol Paris-Montréal. Absolument enchantée. Je ne me souviens pas en détail de mes impressions, mais j’avais dû faire un compte rendu à l’époque sur mon blogue. Je vais retourner le lire pour comparer.

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  7. la route de Mac Carthy.. je te rejoins pour la qualité de ce livre. Pour parler de ta critique et de ta déception quant à ce prix Pulitzer, je te comprend en ce sens ou moins j’avais acheté il y a deux ans le prix de « l’académie française » et crois moi je ne me suis jamais autant ennuyé qu’avec ce livre prétentieux et sans fond d’Adelaïde de Clermont tonnerre.. Plus jamais de ma vie je n’achèterais un tel prix.. excellent weekend Franck 🙂

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  8. j avais beaucoup aime ce livre, lumineux et insolite ! mais je comprends que chacun ressente differemment ce qu il absorbe… Meme une seule personne peut ressentir les choses differemment selon les moments de la lecture ! et j apprecie votre delicatesse dans les commentaires que vous faites

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    1. Oui c’est très vrai . J’ai adoré des livres à vingt ans que je suis sûr de ne plus pouvoir lire aujourd’hui et même dans des laps de temps beaucoup plus court il peut y avoir des moments propices et d’autres non . En tout cas merci beaucoup Françoise

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  9. Cela arrive d’être à contre-courant, de ne pas être dans le mouvement , de ne pas faire écho au monde tel qu’il va et se reflète parfois dans la littérature, dans un style, des recherches formelles qui sont dans l’air du temps. C’est salutaire parfois, d’être celui ou celle qui fait dissidence. Curieusement les avis divergents me donnent envie de le lire.

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