No home

  • Titre : No home
  • Auteur : Yaa Gyasi
  • Editeur : Calmann Levy
  • Année : 2018
  • Résumé : Au XVIII ème siècle, le commerce triangulaire bat son plein en Afrique de l’ouest. Au Ghana, la belle Effia épouse un anglais et mène une existence confortable au fort de Cape Coast. Dans une geôle de cette caserne, Esi tente de survivre aux conditions inhumaines d’internement. Les deux femmes ne se connaissent pas, ignorent leur existence respective alors qu’elles sont en réalité demi-soeurs. L’une sera expédiée aux Etats-unis où ses descendants connaitront l’esclavage et la violence alors que le lignage de l’autre devra vivre dans l’infamie d’avoir participé à ce trafic barbare.
  • Mon humble avis : L’esclavage : thème récurrent de la littérature mondiale. De La case de l’oncle Tom de Harriet Beecher-Stowe au récent Underground Railroad de Colson Whitehead, en passant par le marquant Racine d’Alex Haley ou encore La couleur pourpre d’Alice Walker, nombres de magnifiques romans ont traité de ce sujet grave et marquant. No home, le texte dont nous parlerons aujourd’hui, était présenté comme un phénomène, un texte fort narrant l’évolution de deux familles africaines sur trois cent ans d’histoire. Deux familles au destin opposé, l’une sera traînée à fond de cale aux Etats-unis pour y devenir esclave tandis que l’autre restera sur ses terres, maudite d’avoir participé au monstrueux commerce triangulaire. Evidemment le sujet me paraissait passionnant, évidemment personne ne peut rester insensible au destin de ces peuples asservis, pourtant je dois avouer que la lecture de ce bouquin fut une grande déception et je vais tenter de vous en expliquer les raisons. L’écriture de Gyasi est simple, agréable à lire mais c’est la construction du roman qui m’a posé problème. No home est constitué de paragraphes courts, chacun narrant le destin de l’un des membres des deux familles à travers les siècles. Le lien qui les relie est ténu – un bijou en l’occurrence -, et chaque histoire peut se lire comme une nouvelle, avec assez peu d’interaction entre les personnages et les époques. Dans ces conditions il est difficile de s’attacher aux personnages, difficile de s’y retrouver, difficile de se sentir concerné par ces destins disparates. Au début du roman, l’auteur nous livre un arbre généalogique, outil fastidieux mais indispensable pour tenter de suivre les pérégrinations des protagonistes de ce texte. Je m’y suis référé, je me suis accroché et même si certains chapitres sont superbes, même si le sujet est édifiant, j’ai fini le roman en roue libre, avec l’envie furieuse de passer à autre chose. A priori beaucoup ont adoré ce roman que l’on présente comme un phénomène d’édition mondiale, tant mieux pour l’auteur et pour l’éditeur. Pour moi, malheureusement, la forme l’a emporté sur le fond et je garderais de cette lecture un souvenir amer et l’impression d’être passé à côté de ce texte.
  • J’achète ? : Non, pour toutes les raisons évoquées plus haut. Les grands sujets ne font pas obligatoirement de grands romans, c’est regrettable mais No home est , à mon humble avis, un roman mineur sur un sujet majeur.

22 commentaires

  1. Cela fait du bien de voir un avis qui ne déclare pas le livre un chef-d’œuvre… Je pense l’emprunter à l’occasion, mais sans avoir les attentes que j’aie pu avoir par le passé et en croisant les doigts pour accrocher un peu plus à la forme.

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  2. Contrairement à toi, j’ai beaucoup apprécié cette lente connaissance des personnages formant les deux branches bien distinctes de cet arbre généalogique, et je n’ai eu aucun problème d’identification. Il y a bien sûr l’esclavage qui est dénoncé ici et que tu as relevé, tant par le commerce triangulaire que par les populations autochtones, mais il y a aussi la place des Noirs dans la communauté américaine et leur combat pour la liberté. Pour moi, No Home est un bon roman à partager. Et comme tu le dis, ceci n’est que mon avis :0))

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  3. Oh, je connais quelqu’un qui l’a adoré, et j’ai cru comprendre que ce livre était très apprécié en général. (quoi qu’il en soit, j’attendrai sa sortie en poche) Avec tout ce que tu as dit, je ne sais pas du tout si ce livre me poserait problème. A tester, je suppose. Merci pour ta chronique en tout cas ! (je tomberai moins de haut si je le lis un jour, aha)

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  4. Comme toi le sujet m’intéresse et j’ai aussi eu passablement de peine à suivre… Tu n’es donc pas seul, même si globalement mon sentiment n’est pas aussi négatif. Mais cela fait déjà un moment que je l’ai lu et mes souvenirs ne sont plus très vivaces.

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