À malin, malin et demi

  • Titre : À malin, malin et demi .
  • Auteur : Richard Russo
  • Année : 2018
  • Editeur : Quai voltaire
  • Résumé : Bath est une cité industrielle du New Jersey, touchée par la crise. Policier de cette bourgade, Raymer, se remet mal du décès de sa femme Becka qui s’apprêtait à le quitter. Dépressif, victime d’une haine de soi qui paralyse chacune de ses décisions, Douglas hante les rues de sa ville comme un fantôme. De l’autre côté de la cité, le vieux Sully passe ses journées et sa retraite, vissé sur un tabouret de bar. Les deux hommes sont ennemis depuis des décennies, quelle histoire rocambolesque a pu les réunir pour qu’il se retrouve cette nuit, à déterrer le cercueil d’un éminent juge récemment inhumé ?
  • Mon humble avis : Qu’est-ce qui différencie un bon auteur d’un excellent auteur ? Un roman lambda d’un excellent roman ? La réponse est multiple : d’aucun diront l’histoire, d’autre le style, la vision, l’imagination, la singularité peut-être. Pour ma part, et je le pense de plus en plus depuis que j’ai quelques velléités d’écriture, il s’agit de la précision, la densité, le talent de créer un monde viable, complexe, des personnages incarnés, des personnages dotés de toutes les contradictions d’un être humain véritable, des personnages habités, que l’on peut détester à la fin d’un chapitre et adorer quelques pages plus loin. A n’en pas douter, Richard Russo est un excellent auteur, je dirais même un immense écrivain. Je restais sur un souvenir ému de la lecture du déclin de l’empire Whiting il y a quelques années, et la lecture de ce texte me confirme à quel point Russo est un maître. Précises, cocasses, touchantes, cruelles, les petites histoires de cette communauté sont d’une justesse impressionnante, d’une acuité folle. Oui Russo est un maître, il décrit les petites gens comme personne, avec humanité et sans cynisme. C’est tendre, hilarant parfois, d’une tristesse infinie, empathique. C’est beau, tout simplement. À malin, malin et demi reprend les personnages d’un homme presque parfait  ( que je n’ai pas encore lu ) vingt-cinq ans plus tard, mais rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier bouquin pour apprécier celui-ci. À malin, malin et demi est un pavé de plus de six cent pages, un roman fleuve passionnant jamais pompeux, jamais ennuyeux. Un texte subtil, pétri d’humanité, une ode à la vie et à l’être humain mais aussi une féroce satire sociale. J’en fais trop ? Lisez-le et nous en reparlerons après !
  • J’achète ? : Oui et de toute urgence. Rarement, en refermant un bouquin, je n’ai eu l’envie de prendre l’auteur dans mes bras. Ca à été le cas ici et pour cela, et mille autres raisons ( dont cette façon unique de magnifier les losers) , il faut découvrir Richard Russo, cet écrivain magnifique.

22 commentaires

  1. C’est con mais je suis très content que tu ais apprécier ce roman. Je crois que Richard Russo est un des très grands écrivains américains. Tes remarques sur sa capacité à poser un personnage, à le faire exister comme on dit me semblent d’une très grandes pertinences.

    Aimé par 1 personne

  2. Excellente fiche de lecture, comme souvent. Tu as des velléités d’écriture, dis-tu ? Normal, c’est l’enchaînement logique dans le parcours des grands lecteurs !
    Je ne connais pas cet auteur, mais ta petite chronique et le commentaire de viduite me donnent très envie de le découvrir. Merci !

    Aimé par 1 personne

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