Le manufacturier

  • Titre : Le manufacturier
  • Auteur : Mattias Köping
  • Editeur : Ring
  • Année : 2018
  • Résumé : 19 novembre 1991, alors que la guerre fait rage en ex-Yougoslavie, le massacre d’une famille à lieu près du village de Erdut en Croatie. Les meurtriers sont des para-militaires serbes, dirigés par le sinistre Dragoljub. Deux décennies plus tard, une juge internationale aidé par le seul survivant du massacre, ouvre une enquête et se met sur les traces des assassins. 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre. Atrocement mutilés, l’enchevêtrement des corps laisse à penser que le tueur réalise là une oeuvre d’art macabre. Quels liens relient ces deux histoires ? Le territoire français sert-il de base arrière à des monstres sanguinaires qu’on pensait à jamais disparus ?
  • Mon humble avis : Une baffe dans la gueule, un coup de poing dans le pif, voilà à peu près l’effet du roman de Mattias Köping sur ses lecteurs. J’avoue ma très grande surprise à la lecture de ce texte, sachant que j’avais été plutôt déçu par les démoniaques, roman précédent de l’auteur Havrais. J’ai lu de nombreuses critiques dithyrambiques et je me suis dis qu’il fallait quand même que j’essaie et je n’ai aucun regret, c’est le moins que l’on puisse dire. Le manufacturier est un grand polar, d’une violence inouïe, un texte implacable peuplé de personnages dont on a du mal à se détacher une fois le roman refermé. J’exagère ?  Tentez l’expérience ! Publié chez Ring, un éditeur à part, libre et controversé, le pavé de Köping est un polar rare, dense, documenté, puissant, précis, un bouquin à part dans la production française. On pense à Don Winslow, à l’illustre Ellroy bref , de sacrés références. Bien sûr l’intrigue, sur la fin, est un peu cousue de fil blanc, bien sûr certaines scènes de violence peuvent paraître un peu gratuites, mais quel souffle ! quel rythme ! Rares sont les auteurs français pouvant se targuer d’une telle réussite dans un style de littérature tellement balisé, tellement occupé par pléthore de romans souvent uniformes et sans reliefs. Le manufacturier balaie toutes les perversions du genre humain et Köping ne nous épargne rien : viols, meurtres sur enfants, trafic d’êtres humains, prostitution, massacres, meurtres en série, violences policières et ce jusqu’à la nausée. Âmes sensibles s’abstenir… Mais le manufacturier ne peut être limité à cette litanie d’actes violents, la construction du roman tient la route, le rythme y est effréné et ce pavé se dévore en seulement quelques heures. Ce texte est un bulldozer lancé à pleine vitesse, un engin qui ne fait pas dans la dentelle et écrase tout sur son passage. Pour cela et pour toutes les raisons évoquées plus haut, je ne peux que m’incliner devant le talent et le travail, qu’on devine immense, de Monsieur Matias Köping.
  • J’achète ? : A ton avis ? Un texte implacable et rare. Une oeuvre à ne pas mettre entre toutes les mains, mais quel immense plaisir de lecture ! Cours-y !

26 commentaires

      1. Je dois avouer que pour ma part, c’est la première fois que j’en reçois au format papier (je parle des SP), donc ce n’est pas encore contraignant (j’en suis encore à la période danse de la joie quand je trouve un livre inattendu dans mon courrier 😊)

        Aimé par 1 personne

  1. Votre chronique est intéressante mais je ne vous suis pas dans l’éloge de ce livre. Certes il a du souffle, il est documenté et il sort de la production tout-venant, mais il y a une complaisance dans les horreurs et les atrocités complètement inutile qui n’apporte rien d’autre que le dégoût. Contrairement à vous j’avais mieux apprécié Les démoniaques, comme quoi ce sont aussi les lecteurs qui font les livres. Pour info, voici ce que j’en pense : http://ray-pedoussaut.fr/?p=15811

    Aimé par 1 personne

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