Une odeur de gingembre

  • Titre : Une odeur de gingembre
  • Auteur : Oswald Wynd
  • Editeur : Petit quai Voltaire
  • Année : 1977
  • Résumé : Mary est encore une jeune fille lorsqu’elle embarque pour la Chine. En ce début de XXe siècle, la petite écossaise est promise à Richard, un militaire britannique attaché à l’ambassade de Pékin. Curieuse et enjouée, elle ne tarde pas à dénoter dans le milieu très fermé des expatriés européens et sa liaison avec un officier japonais la mettra définitivement au ban de la bonne société. Rejetée par son mari, exilée au Japon, Mary doit renoncer à son enfant et survivre dans un pays qui lui est étranger.
  • Mon humble avis : Une odeur de gingembre est, parait-il, un classique de la littérature anglo-saxonne. J’avoue qu’avant d’en avoir fait l’acquisition, je n’avais jamais entendu parler ni d’Oswald Wynd, ni de ce titre. Lacune aujourd’hui comblée et avec un grand bonheur tant la lecture de ce texte fut un immense plaisir. Plaisir du style d’abord, une écriture élégante, pudique, à l’image des écrits de cette période. Plaisir du récit ensuite, car les aventures de cette gamine en Asie sont réellement passionnantes. J’avoue que mon grand intérêt pour la civilisation nippone a pu influencer mon ressenti, mais quel plaisir de lire ces descriptions, poétiques, quel bonheur de suivre les pérégrinations de Mary au sein d’une société japonaise encore presque féodale à cette époque. Écrit sous forme de journal et de lettres, Wynd ne nous épargne rien des tourments de Mary, cette femme courageuse, opiniâtre, rejetée par tous et ballottée comme un fétu de paille au grès du vent, au moins dans la première partie. Car le roman se déroule sur une période de plus de quarante ans et la jeune fille effarouchée du début n’a rien à voir avec la femme entreprenante et rusée des derniers paragraphes. Roman d’apprentissage donc, roman du renoncement, du courage et de l’abnégation, ce texte restera longtemps gravé dans ma mémoire de lecteur et il n’est pas dit que je ne me penche prochainement sur l’un des romans de Pearl Buck qui sont fréquemment comparé à ce roman de Wynd. Pour conclure ce concert de louanges, comment ne pas évoquer ce qui est, à mon sens, le thème principal d’une odeur de gingembre ? Je veux bien évidemment parler de la place de la femme dans la société, qu’elle soit occidentale ou nippone. Oswald Wynd décrit avec minutie et pertinence les chaînes qui entravent Mary, entre une mère rétrograde et un mari soucieux du qu’en-dira-t-on. Après sa fuite, la jeune fille retrouve une société encore plus archaïque, une société où les femmes n’ont aucun choix, si ce n’est celui de se taire et subir. Mais Mary ne renonce jamais et c’est l’une des raisons qui font de ce petit bout de femme une héroïne tellement marquante. Pour cela, et pour ces quelques heures de lecture jouissives, je ne peux que m’incliner devant le talent d’Oswald Wynd.
  • J’achète ? : Peut-être est-ce mon côté midinette (sic), mais quel plaisir de lire un roman se déroulant en Asie, quel plaisir d’imaginer ces grands paysages, quel plaisir d’être dépaysé tout simplement ! Pour cela et pour toutes les raisons énoncées plus haut, je ne peux que te recommander de lire ce roman qui mérite vraiment d’être redécouvert.

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