Annabel

  • Titre : Annabel
  • Auteur : Kathleen Winter
  • Année : 2014
  • Editeur : Christian Bourgois Editeur
  • Résumé : En 1968 sur les côtes du Labrador, un enfant naît. Il se nomme Wayne et il est hermaphrodite. Ses parents, Jacinta et Treadway, décident de garder le silence sur cette particularité et vont élever Wayne comme un garçon.
  • Mon humble avis : Parfois, il semble que des auteurs soient touchés par la grâce. Parfois, certains textes sont si beaux qu’on a du mal à s’en défaire. Parfois, on aimerait avoir le talent, la persuasion nécessaire, pour inciter son entourage et ses fidèles lecteurs à se jeter sur un bouquin. Tout cela est bien rare, mais c’est indéniablement le cas avec Annabel de Kathleen Winter, un livre rare, puissant, délicat et d’une force incroyable. Il m’est difficile de parler de ce roman sans tomber dans les superlatifs, difficile de décrire à quel point certains personnages – notamment le père Steadway – m’ont ému, touché, pour ne pas dire bouleversé. Outre ses qualités littéraires évidentes – précision du style, superbes descriptions – le texte de Winter touche au coeur sans jamais versé dans le pathos. Sans artifices, avec pudeur, l’écrivaine Anglo-Canadienne réussit parfaitement à allier un souffle rare, une poésie et une finesse hors-normes. Avec Annabel, Winter nous parle de la différence, elle nous parle aussi de tolérance, d’espoirs déçus mais avant tout, elle plonge sa plume dans l’humain, jusqu’aux tréfonds de l’âme humaine. C’est extrêmement brillant, d’une délicatesse incroyable et rempli de lumière. A travers le récit d’un destin, pas si tourmenté que ça finalement – l’une des qualités de ce roman est de ne jamais versé dans l’excès –  Winter nous raconte la difficulté de vivre tout simplement, les tiraillements intérieurs liés à l’hermaphrodisme, les espoirs déçus et le courage face à l’adversité. Vous trouvez que j’en fais trop ? Lisez-le et comme moi, j’en suis presque sûr, vous garderez longtemps en mémoire les paysages du Labrador, la profondeur des sentiments évoqués et des personnages incarnés avec un talent de dingue. Avec Annabel, Kathleen Winter touche au sublime et c’est tellement rare qu’on ne peut que s’incliner devant un tel talent.
  • J’achète ? : Ai-je vraiment besoin de rajouter quelque chose  ? Ce serait vraiment dommage de passer à côté de ce grand roman.

26 commentaires

  1. Hi Franck je viens de lire le prologue d’Annabel, et les toutes premières lignes du premier chapitre.
    On tient une pépite littéraire là. Evidemment je vais le lire. Merci pour la découverte!

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Franck,
    Merci pour cette recommandation.
    Par contre ce thème (hermaphrodisme) a déjà été brillamment abordé en littérature américaine par un roman récompensé par le prix Pulitzer dont je recommande la lecture.

    Middlesex
    Livre de Jeffrey Eugenides · 2003

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