Le chant de l’assassin

  • Titre : Le chant de l’assassin
  • Auteur : R.J Ellory
  • Editeur : Sonatine
  • Année : 2019
  • Résumé : Henry Quinn est incarcéré depuis plus de trois ans et est en passe d’être libéré. Son codétenu Evan Riggs est lui, condamné à la perpétuité pour un meurtre dont il se souvient à peine tant il était ivre. Les deux hommes sont amis et liés par l’amour de la musique et lorsqu’Evan confie une lettre à remettre à sa fille qu’il ne connait pas, Henry ne peut qu’obtempérer. Dès sa sortie, le jeune homme rejoint la ville de Calvary au Texas pour essayer de retrouver la trace de cette fille. L’accueil ne sera pas précisément celui escompté et le jeune musicien devra faire face à l’hostilité de toute une ville.
  • Mon humble avis : Roger Jon Ellory est un auteur à part, un surdoué du polar comme il y en a peu. Chaque année l’auteur nous livre un nouvel opus et chaque année, j’attends avec impatience d’avoir entre les mains la nouvelle production de l’auteur britannique. Mon histoire avec Ellory commença avec le superbe Seul le silence, un polar sombre et d’une beauté rare, puis ce fut Vendetta, papillon de nuit pour ne citer que les plus marquants. Certes tous les titres d’Ellory ne sont pas du niveau de ces trois ouvrages mais bien qu’inégale, sa production reste toujours extrêmement intéressante. Ce chant de l’assassin s’annonçait comme un roman majeur je le pressentais, une histoire de rivalité, un décor grandiose – le Texas -, tous les ingrédients semblaient réunis pour que ce titre rejoigne ma liste de favoris. Ce ne fut qu’en partie le cas et je vais tenter de vous en expliquer les raisons. Le chant de l’assassin commence tambours battants, Henry et Evan sont incarcérés, Evan protège Henry, les deux sont musiciens, ils portent une histoire qu’on devine lourde et tout le savoir faire d’Ellory est bien présent lors de ce préambule. Les phrases sont simples, le récit est fluide et le lecteur est happé par le rythme et les promesses d’un récit palpitant. Puis Henry est libéré et le texte se scinde en deux époques distinctes : l’une relatant le passé et les actions qui ont mené à la situation actuelle et l’autre narrant la recherche de la fille d’Evan. Si l’histoire passée tient toutes ses promesses, je dois avouer que l’enquête contemporaine m’a laissé sur ma faim. Ellory parvient à merveille à relater la rivalité entre Evan et son frère, la situation familiale électrique et les grands espaces texans mais que de poncifs et de clichés dans l’enquête ! Malgré cela et malgré une hésitation flagrante de l’auteur entre un récit d’enquête, une saga familiale et une romance, j’ai pris un vrai plaisir à la lecture de ce roman. Comme dans une tragédie antique, l’auteur n’a pas son pareil pour décrire des personnages tourmentés, la rivalité de deux frères que tout oppose, l’amour d’une femme pour deux hommes si différents. Certains passages sont superbes, admirables et même si ce roman n’atteint pas les sommets escomptés pour les raisons évoquées plus haut, restera dans ma mémoire la langueur des paysages texans, les âmes tourmentées des quatre protagonistes principaux et la musique, toujours la musique omniprésente dans les ouvrages de Roger Jon Ellory.
  • J’achète ? : Sans hésitation, même si ce n’est surement pas le meilleur Ellory, le chant de l’assassin reste un polar solide, habité et passionnant.

9 commentaires

  1. Bonjour,
    Pour une fois, je ne suis pas complètement en accord avec vous. Je mets « le chant de l’assassin » dans mon top trois des meilleurs de R.J. Ellory derrière, toute fois, « seul le silence » et « papillons de nuit ». En fait, l’enquête ne m’a pas vraiment intéressée parce le fond de ce livre n’est pas vraiment la quête de l’enfant mais bien l’obstination d’un homme a assumé et a réalisé l’engagement qu’il a pris auprès d’une homme qui lui a sauvé la vie. En dehors de ces considérations, j’ai particulièrement aimé l’ambiance, la relation entre les gens, les allers retours entre le passé et le présent. Étant moi-même auteur de roman noir, je pardonne facilement à R.J. Elloly quelques astuces pour se sortir de certaines situations que je ne relèverai même pas ici parce qu’elles me semblent anecdotiques. La force de ce livre se situe dans l’ambiance et les relations humaines sans tomber dans le côté manichéens des personnages.
    Par contre, comme vous, je le conseille sans aucune hésitation.

    Aimé par 3 personnes

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s