Seul dans berlin

  • Titre : Seul dans Berlin
  • Auteur : Hans Fallada
  • Editeur : Denoël
  • Année : 1947
  • Résumé : Mai 1940, la France vient de tomber. Adolf Hitler multiplie les victoires militaires et le troisième reich semble pouvoir durer mille ans. À Berlin, un immeuble de la rue Jablonski est peuplé de gens du peuple, chacun des locataires vaque à ses occupations et tente de trouver sa place dans cette nouvelle Allemagne où le parti nazi est omnipotent.
  • Mon humble avis : Hans Fallada, de son vrai nom Rudolf Ditzen, mourut à peine un an après la parution de Seul dans Berlin, son titre majeur. Morphinomane, alcoolique, dépressif, l’auteur Allemand ne vit donc pas son ouvrage devenir un best-seller international, il n’eut pas non plus le déplaisir de voir son texte expurgé par les censeurs de l’ex RDA. Aujourd’hui, nous avons la chance de pouvoir découvrir le texte original, un texte fort, un véritable pamphlet contre la société nazie et toutes les sociétés autoritaires de ce monde. Evidemment j’avais beaucoup entendu parler de ce roman, j’ai même eu l’occasion de visionner l’adaptation cinématographique plutôt falote qu’en fit Vincent Perez. Mais oublions tout cela pour nous concentrer sur le texte de Fallada, un texte assez étonnant au premier abord, je dois bien l’avouer. En effet j’attaquais ce roman avec pas mal d’aprioris, je m’attendais à un texte grave, lourd et j’ai été tout d’abord très étonné par l’écriture simple, presque naïve de l’auteur. Dans les premiers chapitres l’auteur passe d’un personnage à l’autre et beaucoup sont truculents, drôles, souvent pathétiques. Il est beaucoup question d’alcool et de dépravation et les personnages principaux tels qu’Enno Kluge ou Emil Barkausen sont des êtres vils que l’auteur n’hésite pas à ridiculiser jusqu’à l’excès. Et puis intervient Madame Rosenthal, une vieille juive qui vit terrée dans son appartement, et puis la cruauté éclate au grand jour, et puis la peur s’installe au fil des chapitres, et puis l’ignominie, l’indicible. Dans ce texte Fallada plonge dans la petite histoire, celle des oubliés du régime, des laissés pour compte, ceux sur qui le sort s’acharne, ceux qui tremblent en croisant un uniforme brun. De combines minables en odieux larcins, de dénonciations calomnieuses en pitoyables aveux, c’est dans la fange de l’âme humaine que Fallada trempe sa plume. C’est pathétique et désespérant jusqu’à ce que les époux Quangel décident d’agir et entrent en résistance. Ici, il ne s’agit pas de résistance armée, rien de spectaculaire, juste un homme et une femme qui disent non et tentent de gripper, à leur niveau, la machine implacable qui écrasa l’Europe. Vous l’aurez peut-être compris à travers ces quelques lignes, j’ai beaucoup apprécié ce roman. J’ai aimé la description d’une ville oppressée, l’étude minutieuse des rouages qui permettent de museler tout un peuple, j’ai aimé cette tension qui devient presque insoutenable au fil de la lecture, j’ai aimé le courage de ceux qui résistent, ceux qui donne envie de croire que rien n’est jamais perdu. Roman de la petitesse mais aussi de la grandeur d’âme, Seul dans Berlin est surement aussi le cri de douleur d’un homme désespéré par le monde qui l’entoure, un témoignage déchirant. Pour cela et pour de longues heures de lecture passionnée, je ne peux que m’incliner devant la mémoire de feu Rudolf Ditzen.
  • J’achète ? : Certains romans sont essentiels à la compréhension du monde. Seul dans Berlin fait partie de ces textes rares et incontournable. Tu ne peux décemment passer à côté d’un tel bouquin.

13 commentaires

  1. Je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt car il est bon de voir comment les Allemands eux-mêmes ont vécu cette guerre et je partage complètement ton ressenti. Une lecture forte et qui reste en mémoire.

    Aimé par 1 personne

  2. Bravo d’avoir pris le temps de lire cet excellent livre sur la résistance allemande lu pour ma part il y a quelques années en allemand… Lecture incontournable avec Les Bienveillantes deux pavés pour cerner ces douze années de l’histoire allemande.
    Roman tiré d’une histoire vraie : les époux Quangel de leur vrai nom Hampel ont existé et ont résisté, comme le décrit Fallada, à leur manière à la terreur nazie : il existe une plaque commémorative dans la rue berlinoise où ils habitaient.
    Il existe à Berlin un musée méconnu sur la résistance allemande. Dommage que tout y soit commenté seulement en allemand et en anglais. Cela vaut le détour… de plus le bâtiment qui l’abrite est l’un des trois ou quatre vestiges de l’architecture nazie à Berlin.

    Aimé par 1 personne

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