La mémoire du fleuve

  • Titre : La mémoire du fleuve
  • Auteur : Christian Dedet
  • Editeur : Phébus
  • Année : 1985
  • Résumé : En voyage au Gabon dans les années 70, Christian Dedet fait une rencontre qui le marque à tout jamais. L’homme en question se nomme Jean Michonet et c’est une figure marquante du pays. L’auteur prend donc la décision de narrer son histoire. Tout commence dans la jungle, alors que Jean n’a que quinze ans. Métis, fils d’un colon Français et d’une mère gabonaise, le jeune aventurier écume des terres inexplorées à la recherche de main d’oeuvre pour de grandes compagnies forestières métropolitaines. Bientôt, il crée son propre chantier et devient un entrepreneur respecté dans un pays en proie à de multiples soubresauts.
  •  Mon humble avis : Mes lectures du mois d’août auront été marqué du sceau de la noirceur. Entre des nuits nantaises âpres et violentes, un conte familiale horrifique et un pamphlet anti-nazi, j’avoue que l’idée de me plonger dans une lecture dépaysante, avec des sentiments simples et de grands espaces m’est apparue tout à coup très tentante. Après quelques recherches, je décidais donc de me pencher sur un texte de Christian Dedet, narrant les aventures d’un certain Michonet, trafiquant de peaux de crocodiles au milieu du siècle dernier, dans des régions inexplorées du Gabon. Bonnes critiques, lauréat du prix des libraires 1985, envie d’évasion, il n’en fallait pas plus pour que je me décide à consacrer quelques heures à ce métis, tiraillé entre la culture occidentale et un mode de vie africain hérité de sa mère. Ce fut un bon choix, un excellent choix même, car ce roman a correspondu en tout point à mes attentes initiales et je vais tenter de vous en expliquer les raisons. D’abord l’aventure. Michonet commence sa carrière au sortir de l’enfance. Successivement explorateur, capitaine de bateau fluvial, chasseur de crocodile, cet homme a eu mille vies, toutes plus passionnantes les unes que les autres. Ensuite le dépaysement. Le héros de cette histoire est amoureux de la brousse, il déteste Libreville ou Port-gentil qui sont alors les plus grandes villes du Gabon. Au grand désespoir de sa femme, Jean n’est heureux que dans la jungle et toute sa vie est vouée à ses activités professionnelles dans des régions africaines reculées. Et puis les personnages, hauts en couleurs, picaresques avec, en premier lieu, ce Jean Michonet, un homme complexe, aussi dur que le bois d’ébène qui le fait vivre.   D’aucun diront que Jean est un pilleur, d’autres un entrepreneur aventurier, d’autres encore un colonialiste sans foi ni loi. Et pourtant. Pourtant la réalité est plus complexe et l’on se prend à s’attacher à cet être avide, cet homme qui déborde d’amour et de passion pour le continent africain et ses habitants. Comme je l’ai souligné plus haut, Michonet est métis. A cheval entre deux cultures, il a l’Afrique chevillé au corps, c’est un pionnier, un homme qui lutte pour survivre dans des contrées inhospitalières, un homme qui croit en la magie, un homme passionnant qui contribua également à l’éclosion d’un nouveau pays, libre et indépendant. Une lecture passionnante vous dis-je.
  • J’achète ? : Oui, ce roman mérite d’être redécouvert. Ces aventures africaines m’ont rappelé un autre immense roman sur l’Afrique : Water music de TC Boyle. Certes la comparaison est flatteuse, mais quel régal d’être ainsi happé par un roman. Pour cela, pour le style imagé, pour ce témoignage d’une époque révolue , je ne peux que recommander ce bouquin.

6 commentaires

  1. Cher Franck,
    Je me souviens avoir lu ce livre quand il est sorti et j’avais autant apprécié que toi. Je l’ai toujours d’ailleurs au fond de ma bibliothèque et j’adore ce titre. Water Music également et je n’aurais pas pensé les mettre en parallèle, tu as eu raison de le faire. Je ne suis pas fanatique de l’Afrique mais plus de l’Asie, alors je lis plus de littérature en ce sens (« En un mot comme en mille » de Liu Zhenyun, en ce moment) et pourtant je suis toujours embarquée par ce genre de récit, comme « Ségou » de Maryse Condé que j’ai beaucoup aimé également. Merci Franck pour ce retour en arrière.

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