Grand père

  • titre : Grand père
  • Auteur : Jean-louis Costes
  • Editeur : Ring
  • Année : 2019
  • Résumé : Un clodo, une merde, un parasite. C’est ainsi que le narrateur voit son grand-père, un vieil arménien borgne violent, alcoolique, qui traîne son spleen sur les trottoirs de Paris et bat sa femme quand il n’est pas occupé à cuver sa vinasse devant sa télévision. Et pourtant quel destin. Garnick est né en 1900,  il assiste au massacre de sa famille puis s’enrôle dans une section cosaque qui répand la terreur chez les communistes. Après des années de meurtre, de viol et de folles cavalcades, l’arménien rejoint la légion étrangère française et s’engage dans les conflits coloniaux en Afrique du nord. Dans un dernier baroud d’honneur, Garrick commet un meurtre sur le territoire français, une affaire de moeurs. Il est déporté au bagne, en Guyane, avant de finir les ailes rognées, dans un appartement minable de la capitale française. Ce récit est son histoire.
  • Mon humble avis : Âmes sensibles s’abstenir, Grand père est clairement un texte à ne pas mettre entre toutes les mains. Scatologie, violence extrême, pornographie, nous sommes ici plus proche d’un Bukowski sous amphétamines que de la production habituelle des écrivains français contemporains. Et alors verdict me direz-vous ? J’ai adoré ce roman, je l’ai lu quasiment d’une traite et je vais tenter de vous expliquer les raisons qui motivent cet enthousiasme. D’abord l’écriture. Costes, qui est une figure de l’art underground, ne s’embarrasse ni d’articles, ni de phrases longues, ni de grandes envolées lyriques sur les massacres et la folle destinée qu’il relate. Ici on est dans le brut, dans le tripes-caca-sang comme il aime à le souligner. Garnick, le héros de ce roman, est un monstre, un pogromeur pogromé, un homme qui ne vit que pour la violence, le sang et le sexe contraint. Evidemment son histoire tragique explique en partie cette fureur, mais l’auteur ne cherche aucune excuse à cet aïeul, il relate les faits, au plus près du sang et des tripes répandues. Certains détesteront ce roman, certains n’y verront qu’une succession de scènes choquantes et je peux les comprendre. D’autres, comme votre humble serviteur, y verront une poésie, un langage particulier qui décrit l’inhumanité brillamment, un chaos d’où la lumière jaillit, une lecture qui réveille, qui bouscule. Déconcertant, hilarant peut-être, Grand père est un bâton de dynamite, un texte infâme qui pourtant, parle admirablement bien de la filiation, des legs familiaux et de la rage. Une rage folle qui habite chaque ligne et fait de ce roman un grand livre, un de ceux qui marque. Oui Grand père est un roman effroyable, l’histoire d’un petit fils embourbé dans un héritage de haine et de sang, l’histoire d’un homme qui a dédié sa vie à l’abjection, l’histoire d’un homme marqué à jamais par le massacre de sa famille. Une curiosité, une claque, un livre différent.
  • J’achète ? : Oui sans aucune hésitation si tu as le coeur bien accroché. Une vraie découverte et un texte d’une force rare.

17 commentaires

  1. Je n’aime pas Titus Andronicus de Shakespeare et pourtant Shakespeare n’était pas auteur à vouloir choquer obligatoirement sa noblesse ou sa bourgeoisie, Il voulait peut-être se confronter à la création.
    Autre temps !
    Je n’aimais pas le professeur Choron !
    le Caca, le sang et la tripaille de cet auteur dans ce qu’il y a de plus complaisamment morbide, ce n’est pas ce que souhaite à ma psyché.
    Lire c’est se faire une injection d’âme directement dans le cœur ! Alors non pas cela. Je connais un peu le son du bonhomme et je l’évite !
    Est-ce nocif pour tous ? Je ne sais pas pour les autres mais pour moi cela le serait !

    Aimé par 1 personne

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