Mécanique de la chute

  • Titre : Mécanique de la chute
  • Auteur : Seth Greenland
  • Année : 2019
  • Editeur : Liana Levi
  • Résumé : Jay Gladstone est riche, immensément riche. Juif originaire d’Europe de l’est, sa fortune ne l’empêche pas de devoir composer avec une femme exigeante, une fille rebelle et toutes les contraintes sociales dues à son rang. Comme si cela ne suffisait pas, les basketteurs de la franchise NBA qu’il possède n’en font qu’à leur tête et la star du club, Dag, compte bien renégocier son dernier contrat avant une retraite qu’il espère dorée. La vie de Jay n’est donc pas aussi idyllique qu’elle en à l’air et son retour impromptu d’un voyage d’affaire va l’obliger à assister à une scène qui va changer sa vie. Il ne suffisait que d’une étincelle pour que la vie de Jay Gladstone vole en éclat.
  • Mon humble avis : Difficile de lire une chronique sur ce roman ne faisant pas allusion à l’immense Tom Wolfe et plus particulièrement à l’un de ses romans phares : Le bûcher des vanités. Etant particulièrement fan de l’auteur à l’éternel costard blanc, il m’était difficile de passer à côté de ce titre de Seth Greenland et le moins que l’on puisse dire c’est que je ne l’ai pas regretté. Mécanique de la chute est un grand roman, de ceux qui laissent des traces. Dense, précis, terriblement actuel le récit est centré sur le personnage de Jay Gladstone, le mâle alpha à qui rien ne sera pardonné, ni excusé. Roman politique s’il en est, satire féroce de notre époque où le politiquement correct est dominant, ce récit ne laisse rien au hasard et la chute de Jay n’en est que plus vertigineuse. De nombreux thèmes sont passés à la moulinette de l’écriture vive de Greenland, mais ceux qui prédominent sont évidemment les relations entre communauté et notamment la relation difficile entre juifs et afro-américains. Sur fond de compétition victimaire, d’évolution de la société, l’histoire de Jay est celle d’un homme qui ne comprend plus le monde dans lequel il évolue, un monde dont les codes lui échappe, un monde qui le dépasse et qui va le broyer. C’est intense, révoltant, et pourtant pas toujours très honnête. Je m’explique : que Jay soit traité en victime soit, mais que certains personnages accusateurs soient traités superficiellement est un peu dommage bien que cela serve le propos. Greenland s’éloigne ici de son illustre maître Wolfe dont le soucis était justement de traiter chacun avec équité pour que chaque point de vue soit compréhensible et étayé. Bien qu’un peu gênant, ce bémol ne gâche en rien la lecture de ce bouquin passionnant qu’est la mécanique de la chute. Grand roman de l’Amérique d’aujourd’hui, pavé d’une intelligence et d’une filouterie rare, ce bouquin figurera parmi les très grands textes de cette année. Pour cela et pour le déroulé implacable de son histoire, pour ces partis-pris assumé, pour son intelligence et son humour, je ne peux que m’incliner devant l’immense talent de Seth Greenland.
  • J’achète ? : C’est un grand oui. Pour sa mécanique d’une précision folle, pour ces réflexions brillantes, pour les thèmes abordés, pour une meilleur compréhension du monde, pour le talent tout simplement. Mécanique de la chute est un roman marquant et l’immense Tom Wolfe, dans sa tombe, peut être fier de son presque rejeton.

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