Tirza

  • Titre : Tirza
  • Auteur : Arnon Grunberg
  • Editeur : Actes Sud
  • Année : 2010
  • Résumé : Jörgen Hofmeester est un homme vieillissant. Il élève seul sa fille Tirza depuis que sa compagne est partie. Un soir, alors que rien ne laissait prévoir, voilà que la mère de ses filles réapparait, une valise à la main. Ce retour impromptu, la disparition soudaine de ses économies et le voyage prochain de Tirza pour des contrées lointaines chamboulent le vieil éditeur. Lorsque sa fille adorée lui présente Choukri, l’homme avec qui elle a décidé de partir, son petit monde se met à vaciller.
  • Mon humble avis : Avez-vous déjà lu un livre malaisant ? Un livre qui plonge au coeur de la conscience d’un homme torturé ? Un livre dont le protagoniste principal est raciste, radin, cruel et un même peu pédophile ? Un livre où ce même homme semble complètement perdu, évoluant dans un néant existentiel qu’il impose aux autres membres de sa famille qui le quittent les uns après les autres ? À priori ce roman n’était pas pour moi et pourtant, même si j’ai mis du temps à me faire à la petite musique cynique et absurde de Arnon Grunberg, j’ai beaucoup aimé ce texte et les deux derniers chapitres resteront gravés dans ma mémoire pour longtemps. Car oui les dialogues sont parfois étonnants, déstabilisants, oui toute la première partie pourrait paraître ennuyeuse, l’action se limitant à des échanges, à des questions sans réponses, à une haine de soi qui se répand comme un cancer dans chaque geste, dans chaque parole de Jörgen. Et puis, même s’il est en équilibre au bord du gouffre, même s’il est profondément dérangeant, le lecteur se met à apprécier Jörgen, il se met à le plaindre, à vouloir sauver cet homme qui n’est peut-être pas si mauvais, et puis la cruauté des autres envers le vieil homme devient insupportable et puis sa propre violence, sa façon de repousser la vie et tout autre sentiment humain fait vaciller les certitudes du lecteur, et puis le mal être d’un homme jusqu’à la nausée, jusqu’à cette quête perdue d’avance sur le contient africain, jusqu’à la disparition totale qu’il appelle de ses voeux. Je parle certainement très mal de ce roman et pourtant quel plaisir j’ai pris à côtoyer Jörgen, quel plaisir j’ai pris à lire les somptueux dialogues de Arnon Grunberg, quel plaisir j’ai pris à le suivre dans les déserts africains. Tirza est un roman différent, un roman mystérieux, perturbant, un roman sur l’angoisse de la perte, le désespoir, un roman marquant.
  • J’achète ? : Grunberg nous invite à une vraie expérience de lecture avec un texte malsain et pourtant, malgré cela, malgré l’ironie et l’absurde, une vraie lumière se dégage de ce roman. Une lumière pâle, qui peine à percer les nuages, une lumière étrange et obsédante. Définitivement une étrangeté et une réussite.

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